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Ghislain Poirier90bpm : Tout d’abord peux-tu te présenter rapidement pour nos lecteurs ne te connaissant pas? Ghislain Poirier : J’fais des gros beats ! (rires). Plus sérieusement, j’ai un passé plus techno-ambiant et depuis 4-5 ans je fais des trucs avec plus de rythmiques hip-hop, ragga, toujours avec une touche électro quand même…Et je joue un peu partout dans le monde. Et je suis de Montréal.
90bpm : Tu viens de jouer à Paris ce samedi 16 février 2008 à La Flèche d’Or, ça s’est passé comment ? Tu étais déjà venu à Paris, ce n’était pas une première pour toi ?
Ghislain Poirier : Ouais, je suis venu en octobre l’année dernière avec mon batteur, Christian…
90bpm : Avec bassiste aussi, ou juste le batteur ?
Ghislain Poirier : Juste avec le batteur. Et la différence cette fois-ci c’est que j’avais Christian à la batterie et j’avais aussi Face-T au micro. C’était vraiment la formule live, on peut dire…C’est toujours un petit plus quand je joue en live…Il n’est pas nécessairement sur le show au complet, mais il vient vers la fin, on fait un 20 minutes ensemble, ça donne un bon coup, ça permet de faire les nouvelles chansons qui sont sur l’album aussi.
90bpm : Et tu préfères tourner avec des instruments live ?
Ghislain Poirier : Dans mon live, il y a toujours une batterie…
90bpm : Mais je t’ai déjà vu en laptop…
Ghislain Poirier : Si j’ai un laptop, je ne suis pas en DJ Set, si je suis avec quelqu’un c’est en live et alors je ne joue pas avec mon laptop, tu vois…
90bpm : Mais tu as quand même eu l’occasion de tourner avec un bassiste…
Ghislain Poirier : J’ai tourné avec un bassiste, mais jamais en Europe. Ca a été un peu l’évolution du live, à un moment donné j’ai intégré le bassiste, après j’ai intégré la batterie, après j’ai enlevé le bassiste…J’ai toujours eu des chanteurs, des rappeurs dans le show. A un moment donné ça a été Omnikrom, ensuite Face T, des fois Nik Myo est là, et puis quand on fait des grands shows, là je peux inviter des gens comme Zulu, Abdominal, qui représentent bien sur un bon show hip-hop.
90bpm : Sur des gros shows, de la grosse promo…
Ghislain Poirier : Oui, ceux qui ont un peu plus de budget, ou quand je joue à Toronto, Abdominal est à Toronto, donc je l’invite forcément…Tu vois, là, je vais jouer aux Etats-Unis et Zulu va venir nous rejoindre…C’est à la bonne franquette !
![]() 90bpm : D’accord. Revenons à ton actu. No Ground Under, ton 6ème album, sort ce mois-ci en France et a déjà bien fonctionné au Canada. Le LP sort sur un label de qualité reconnu internationalement : Ninja Tune. Peux-tu revenir sur cette nouvelle direction dans la distribution et la promotion de ta musique ? Comment s’est effectué ce choix, la connexion avec Ninja Tune ?
Ghislain Poirier : J’ai signé avec le bureau de Montréal, c’est une petite grosse différence, dans le sens où ils sont un peu indépendants du bureau de Londres. C’est un peu comme une société jumelle, donc chacun prend des décisions de son côté. Elles ne sont pas forcément entérinées par l’autre bureau. J’ai donc signé à Montréal, et comme j’habite Montréal on a commencé un peu à se fréquenter, à se voir dans les soirées, et je connaissais Sixtoo… C’est juste normal, à force de se retrouver dans les mêmes concerts, où tu vois des artistes du label, et de fil en aiguille… Il s’avère que je voulais changer de label, eux n’avaient pas forcément le temps de sortir ce que j’avais, donc c’était juste une question de timing, de coordonner ça, ça s’est passé en mai dernier, on a signé ensemble et l’album est sorti en octobre au Canada (ndlr : la sortie canadienne a précédé la sortie française de 5 mois), donc tu vois, l’album était déjà pratiquement terminé quand j’ai signé.
90bpm : Et qu’en est-il aujourd’hui de ton propre label, Rebondir Records ? Tu as mis ça en standby ? Tu avais sorti Rebondir EP de cette façon…
Ghislain Poirier : Oui, c’est ça… C’était une transition, c’est moi qui l’avais sorti. C’était un one-shot, mais qui va être un two-shots, un three shots…On est en face de petits EPs qui ne sont pas forcément…(Il s’arrête).
90bpm : sur des grosses logiques, internationales ?
Ghislain Poirier : Oui, qui ne sont pas forcés de connaître la même promotion, la même diffusion, mais qui sont tout aussi valides musicalement et je sais que ça n’a pas nécessairement la même portée. Mais je tiens quand même à le sortir…Et puis si je proposais ça à Ninja, il le refuserait probablement, donc c’est davantage mon truc de le sortir perso.
90bpm : Il s’est passé justement pas mal de choses depuis Rebondir EP, et plus loin depuis le LP Breakupdown. Est-ce qu’on à affaire au même Ghislain Poirier qu’il y a quelques années ? Quelle est la différence entre le Ghislain de 2008 et celui de cette époque là ?
Ghislain Poirier (mort de rire suite à la question) : Bah j’ai plus de cheveux gris, héhé. A part les cheveux gris ?
90bpm (rires) : Ouais, à part les cheveux gris.
Ghislain Poirier : Humm. Je joue peut être un petit peu plus…. Je joue beaucoup ces dernières années, autant en DJ qu’en live. Même si ces derniers temps j’essaye de mettre plus l’accent sur le show live…Mais ce n’est pas la même infrastructure…Tout dépend du contexte dans lequel je joue, parfois c’est un peu plus simple de jouer en DJ. Avec No Ground Under, j’ai vraiment voulu pousser le live, juste jouer les chansons… Ca fait quand même trois ans qu’on joue ensemble moi et Chris, on est donc bien fusionnels maintenant… Musicalement, je dirai que les productions lorgnent plus vers un style up tempo, ce qu’il y avait beaucoup moins avant, donc j’ai comme une palette plus large en termes de bpm…j’suis pas juste à 90 ! (rires).
90bpm (héhé) : pas mal, pas mal…
Ghislain Poirier : Ouais…Mais tu sais c’est super intéressant de juste changer la vitesse, ça permet de faire des nouvelles dynamiques, j’ai voulu vraiment faire des trucs dansants qui se travaillent bien dans un DJ set... Peut-être que No Ground Under a été influencé par mon expérience de DJ et là j’ai composé No Ground Under pour le jouer en live…chacun nourrit l’un…
90bpm : Justement par rapport à ça, je me demandais si tu bossais toujours avec le même matos. Tu produis toujours sur ton PC ? Avec quels logiciels tu bosses en ce moment ? On doit noter que tes sons sont toujours aussi ruff… Je veux dire spé, hachés et très personnels… Comment tu qualifierais ta musique aujourd’hui ?
Ghislain Poirier : Ouais, la banque de sons que j’ai développée est au fil des années devenue mienne, carrément…
90bpm : Et des fois tu entends des sons qui te rappelle quelques chose, je veux dire des artistes qui utilisent les mêmes modalités, mêmes sonorités ?
Ghislain Poirier : J’ai pas vraiment entendu des gens qui me copiaient ou qui allaient dans le même sens…Je veux dire, c’est arrivé une ou deux fois, mais par hasard, je sais qu’ils n’ont pas pris le même chemin pour y arriver…Ils ne me connaissent probablement même pas, donc…Dans le monde souvent il y a des idées qui sortent deux trois fois à des endroits en même temps, et ce n’est pas parce que des gens se sont copiés, mais parce que cette idée là devait sortir…J’ai tendance à croire en ce que je fais, je veux dire, si quelqu’un veut me copier, qu’il me copie, mais pour faire du Ghislain Poirier, je dois probablement être le meilleur, parce que c’est moi ! Ca ne veut pas dire que je suis le meilleur dans tout ! Mais je suis le meilleur pour me représenter…
90bpm (rires) : Toujours pour revenir sur No Ground Under : C’est quoi ce délire de patinoire et du Hockey sur glace pour la vidéo de Blazin’ avec Face T, le premier single de l’album No Ground Under ? Je viens de voir le making off…
![]() Ghislain Poirier (qui se marre direct) : Bah j’ai eu…On avait eu une première idée…mais qui était vraiment dispendieuse…héhé. 90bpm (rires) : Tu voulais faire quoi au départ ?
Ghislain Poirier : Je voulais faire une poursuite de voiture à Toronto, Québec, Montréal…avec des cascades et tout…Mais ça m’aurait coûté super cher, héhé !!
90bpm : Donc tu as lâché l’affaire…
Ghislain Poirier : Ouais, ça m’aurait coûté supeeeer cher, 20 000 euros facilement…Puis on a fait des demandes de subventions, parce qu’au Québec on a le droit à des subventions pour les vidéoclips…
90bpm : Comme en France…
Ghislain Poirier : Même Céline Dion a des subventions…
90bpm : Ah ouais ? Même sur des trucs bizness, le Québec subventionne ?
Ghislain Poirier : L’Etat Canadien, ouais, tu peux demander des subventions. Mais là on s’est fait refuser la subvention, donc il a fallu trouver une idée qui ne coûtait pas 20 000 euros. (Il s’arrête, en rigolant).
90bpm : Et donc tu t’es rabattu sur la patinoire ?
Ghislain Poirier : J’ai eu cette idée là en janvier, je me suis dit que ça pourrait être cool de faire un peu un pied de nez à ce à quoi Blazin fait penser, Blazin qui est une tune chaude, ragga, festive… qu’est-ce qui serait un peu l’opposé de ça tout en restant ancré vraiment dans un contexte québécois ? Et j’ai pensé à la patinoire, au hockey, tout en faisant venir des dancehall-queens… J’ai donc appelé un bon ami à moi, je lui ai donné des flashs, je lui ai dit « brode un scénario, brode quelque-chose, mais je veux que ça se passe dans une patinoire, dans un aréna…carte blanche ! »
90bpm : Et ça sort quand ?
Ghislain Poirier : Là bientôt, c’est encore en montage, ça risque d’être prêt dans une ou deux semaines maximum…
90bpm : C’est la première vidéo, y’a d’autres choses de prévu après ? clips, singles ?
Ghislain Poirier : Ouais, je pense, je crois qu’on va le faire sur No More Blood ou Go Balistic, je sais pas encore, c’est pas défini, je verrai…
90bpm : Pour revenir à ton travail musical : tu as sorti il y a quelques temps déjà un album de remix plutôt réussi et bien accueilli, Bounce, Le Remix, avec pas mal d’a cappellas mainstream. Tu peux nous parler des différents remix que tu as effectués récemment, avec la sortie du Volume 2, de Bounce Le Remix ? J’ai vu qu’il y aurait un volume 3 à venir (dont le track Lil’ Mama – Lip Gloss) ?
Ghislain Poirier : Le volume 3 est terminé, mais il n’est pas sorti. Il est terminé mais je le sors dans une ou deux semaines, comme ça, en bootleg.
90bpm : Et y’a quoi comme ça comme titres sur ce troisième volume ?
Ghislain Poirier : Lil’ Mama, Lil’ Wayne…
90bpm : C’est sur le volume 3 le Lil’ Wayne ?
Ghislain Poirier : Ouais, il est pas sur le volume 2. Parce que je l’ai fait pour la mixtape de Lil Wayne et je ne l’ai pas sorti en bootleg… J’ai même mis Angela de Saïan Supa Crew, j’ai fait un Zouk ! J’ai mis Busy Signal, Machel Montano, Kick da Sneak…
90bpm : Kick the Sneak? Californie?
Ghislain Poirier : Ouais, c’est du hy-phy… Kick the sneak avec un « k »…Attends, qu’est ce que j’ai mis d’autre ? Un mash-up avec Sixtoo…Il est moins mainstream que le premier. En fait il y a comme une sorte de progression…Sur le premier, c’est vraiment beaucoup d’a cappella de rap américains, le deuxième un peu, même si j’ai lorgné vers le socca, le grime aussi, et puis là je me suis fait un petit peu plaisir…Lil’ Wayne, Lil’ Mama c’est vraiment de la musique de club, mais ça me tentait d’apporter une touche un petit peu plus personnelle, et de dire fuck it si vous connaissez pas ça…Ah j’ai même mis un Admiral T, j’ai pris un son…J’ai fait un mash-up là-dessus.
90bpm : Et par rapport à ça, de même, comment tu choisis les tracks sur lesquelles tu vas bosser, de Lady Sovereign à Lil’ Wayne ou Kid Sister ?
Ghislain Poirier : Bah ça dépend. Lil’ Wayne c’est une commande, on me l’a demandé pour la mix tape de Lil’ Wayne, le DJ qui la faisait avait quatre a cappella de Lil’Wayne… et j’ai pensé à mixer ça avec Collie Buddz, le virer en crunk…Pour ce qui est du reste, j’aime me faire plaisir, ou des fois j’ai des idées, je peux passer un morceau et ça me fait penser à des choses…Il me faut toujours un a cappella de qualité…Par exemple Machel Montano je l’ai mashupé avec Diaspora, sur mon album No Ground Under, qui est une pièce instrumentale. Et la rythmique cadrait parfaitement avec Machel, donc j’ai juste enlevé la mélodie qui était dans Diaspora et au final tu as une tune purement socca.
90bpm : Et ça sort dans deux semaines (ndlr : l’interview a lieu le 19 février 2008) ?
Ghislain Poirier : Ouais, c’est juste par pay-pal, internet, mini-distribution, c’est vraiment aussi un outil pour les DJs, et pour moi, c’est pratique ça me fait des petits trucs que personne n’a et que je joue dans mes set…tu vois c’est la game ! Héhé…
90bpm (rires) : C’est la game ! Ok. Question classique : c’est quoi pour toi un bon remix ?
Ghislain Poirier : Bah c’est simple, il faut juste que je sois satisfait du résultat.
90bpm : Juste pour toi, ok, mais par rapport au public ? Tu vois ce que je veux dire, c’est quand même un truc de club aussi le remix…
Ghislain Poirier (avec le sourire) : Toute la musique que je fais est faite pour être reçue publiquement…
90bpm: Héhé. Ok, mais t’es d’accord avec moi, le remix passe par le sens donné à la connaissance de l’original ou des trucs du genre…
Ghislain Poirier : C’est clair,tu as conscience de ça, du destinataire. C’est pas mal quand on te demande un remix d’indiquer la cause, la volonté de base, ce qu’on veut en faire derrière. Moi je demande : « vous voulez quoi avec ce remix ? » Y’en a qui vont te dire « on veut attaquer les radios », d’autres qui vont te dire « on veut attaquer les clubs », d’autres juste dans le délire du remix pour le remix…Donc tu vois tu n’y vas pas de la même façon…Ca peut être pas mal d’avoir quelques paramètres de départ…
90bpm: OK, revenons un peu sur la scène par chez toi, si tu le veux bien. Vous avez au Canada et au Québec une scène musicale très riche, notamment en terme de rock. Je pense à des formations connues en Europe comme Arcade Fire, Broken Social Scene ou Gospeed You Black Emperor! par exemple. Comment qualifierais tu la scène musicale québécoise ? Comment la comparerais-tu à celle du Canada au sens large ?
![]() Ghislain Poirier : En fait le Canada et le Québec sont vraiment des pays de rock indépendant, toutes les structures sont basées autour de ça. Après peut-être la différence qu’il y a eu dans l’histoire récente, c’est qu’il y une quinzaine d’années à Montréal on était vraiment en retard par rapport à ce qui se passait dans le monde, et puis dans les cinq dernières années il y a eu vraiment un rattrapage qui a été fait, à tel point que je crois qu’on est dans le peloton et même qu’on pousse vers l’avant… 90bpm: Par rapport aux Etats-Unis ?
Ghislain Poirier : Nan, par rapport à la musique mondiale, rock indépendant, musique électronique, il y a plein de scènes comme ça qui poussent…Je trouve ça intéressant, les gens se sont comme un peu déniaisés et ont compris que la musique faite au Québec n’était pas seulement destinée au Québec, et que si on fait une musique qui est valable au Québec, elle doit…(Il s’arrête). Parce que moi c’est mon opinion, quand je compare ma musique à quelque choses, je la compare à ce qui se fait le mieux dans le monde, je n’essaye pas de la comparer à mon petit territoire, en me disant « Ah bah tiens finalement, je suis pas si mauvais, comparé aux gars qui habitent à deux rues de chez moi ». Je crois que si on veut faire une musique qui se dépasse on se doit de comparer avec le meilleur et décider d’atteindre des standards de qualité…
90bpm : Et donc quelles sont les scènes musicales mondiales qui t’intéressent en ce moment ? Londres, Miami, l’Afrique ?
Ghislain Poirier : Ouais, c’est ça, on peut dire que les pôles d’attraction se déplacent au fil des années. Est-ce que maintenant nos regards sont tournés vers Seattle depuis que le grunge n’existe pratiquement plus ? Non. Alors qu’avant tout le monde regardait Seattle…Ca se déplace.
90bpm : Ok, toujours par rapport au Canada : cela fait longtemps que tu bosses avec Omnikrom, un combo souvent mal perçu en France, et pas mal décrié à droite à gauche. Comment tu les as rencontrés ?
Ghislain Poirier : Moi je les ai rencontrés dans des soirées spoken-word avant qu’ils ne s’appellent Omnikrom.
90bpm : Ils s’appelaient comment ?
Ghislain Poirier : « Etre abstrait ». Ils rappaient davantage comme El-P, Aesop Rock style, Anticon, tu vois… Des trucs comme ça…Après ils ont fondé Omnikrom. Les deux EPs ont été très différents l’un de l’autre, pareil pour le LP. Chaque fois on dirait qu’ils réajustent le tir par rapport à leurs propres préoccupations musicales. Je les ai vu évoluer avant même qu’ils ne sortent leur premier EP…et les gens ont été au début très surpris, peut-être négativement, mais ils se sont fait une place…Comment dit-on ? Ah oui ! « On ne peut pas plaire à tout le monde ! ».
90bpm : Tu as beaucoup été associé aux soirées Montréalaises « Bounce Le Gros » ? C’est vraiment terminé ?
Ghislain Poirier : J’ai terminé les soirées en juin 2007. J’aimais l’idée de terminer une soirée alors qu’elle était à son sommet.
90bpm : Et y’a d’autres projets dans le même concept ?
Ghislain Poirier : Quand je joue en DJ, on va dire que j’applique la même philosophie musicale, je me laisse agréablement influencer par d’autres genres musicaux et je n’hésite pas à les intégrer, c’est un peu dur de me catégoriser… Je suis éclectique.
90bpm : Passons. Je voulais revenir à tes influences. Quand tu étais gamin tu écoutais plutôt quoi comme musique ? Tu étais déjà à fond dans ce délire, futuristic bass, urban bass music ?
Ghislain Poirier : J’ai commencé à écouter du hip-hop vers 12-13 ans, c’était des gros trucs américains, genre Public Enemy, Young MC, des trucs que tout le monde a écouté à cette époque. J’ai encore énormément d’admiration pour Public Enemy, It Takes A Nation…, Fear Of A Black Planet…Pour moi c’était l’album majeur, l’album tendu.
90bpm : Comme beaucoup de gens, héhé.
Ghislain Poirier : Ouais, c’est vraiment (Il s’arrête). Ca m’a donné un coup de poing dans la face. Et je rêve d’entendre Fear Of A Black Planet tout en instrumental.
90bpm : Tu n’as pas essayé de les choper ?
Ghislain Poirier : Nan, c’est mon rêve…
90bpm : OK, noté. Peux tu me citer une ou deux tunes qui pour toi retournent un club en ce moment, dancefloor / plancher de danse ?
Ghislain Poirier : En ce moment je joue beaucoup une tune, je ne sais même pas quel était le titre, mais c’est par Toddley T, et le riddim c’est Do You Know…
90bpm : C’est juste un riddim ?
Ghislain Poirier : C’est un riddim, et j’ai enregistré deux trois versions avec…Mais je ne sais pas quel est le titre exact… J’aime beaucoup aussi une track qui est pas encore sortie, qui s’appelle Angry…Ca ça marche très fort. J’aime bien le mash-up aussi de Calabria, c’est un truc House avec de la trompette, super cheesy Ibiza…Mais là ça a été repris par Pitbull et Lil’John, et après ça a été encore repris par Pitbull, Lil’ John et enregistré avec une touche socca avec Machel Montano et ça, ça TUE ! (rires).
90bpm : Et tu joues ça en ce moment ?
Ghislain Poirier : Ouais je joue ça ! Et quand tu joues ça c’est extrêmement fédérateur : si t’as des gens qui aiment la house, qui vont dans les clubs un peu plus cheesy : ils adorent ! Mais en même temps t’as quand même Pitbull qui gueule avec Lil’ John, et après t’as la touche carnaval ! Avec Machel ! C’est l’euphorie.
90bpm : Quels sont tes projets phares pour l’avenir ?
Ghislain Poirier : On vient de terminer No More Blood en single, y’a deux nouveaux remix, un par Dead Beat et un par Hudson Mohawke, un artiste de Glasgow, puis une nouvelle chanson avec un rappeur de Miami que j’ai mis comme B-side sur le single…Sinon on travaille les remix pour Go Balistic, donc on continue l’album…Et puis j’aime bien distribuer les acappella avec lesquelles j’ai travaillé pour que les gens fassent des bootleg, ou les utilisent en DJ set…C’est pas officiel, mais si les gens on l’envie de le faire…
90bpm: Pour le remix de Blazin de Modeselektor par exemple, ça s’est fait comment ?
Ghislain Poirier : Ca s’était une commande, ouais, on l’a sorti officiellement…C’est rajouté sur la version, justement…
90bpm : Ok. Un dernier mot ?
Ghislain Poirier (tout simplement, sans hésiter) : Bounce le Gros, héhé.
Propos recueillis et transcrits par Lucas Blaya aka Lux pour 90bpm. [02.03.08] http://www.90bpm.com/ |