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Chiens de pailleI ? "Sincèrement", la genèse. Hal et Sako, que s'est-il passé depuis la sortie de « Mille et un fantômes » ? Hal : Je ne me souviens pas de tout en détail (rires), mais j'ai fait plusieurs productions en dehors du cadre du groupe, pour les 2 derniers albums Akhenaton et pour Samm (Coloquinte) notamment. je ne me rappelle pas de tout !! Sako : On a fait pas mal de concerts un peu partout en Europe... Hal a également travaillé avec des Suisses, moi j'ai fait quelques trucs avec des gars de Belgique et d'Allemagne. Puis on a continué à apparaître régulièrement sur des mix tapes et des projets locaux, notamment avec Masar. Hal : En ce qui concerne notre groupe, j'ai mis un an et demi après la sortie de « 1000 et 1 fantômes » à retrouver la motivation de faire des prods. En fait, j'ai eu du mal, personnellement, à me replonger dans le bain. Cela peut s'expliquer par le fait que dans ma vie privée, il y a eu des éléments qui ont fait que je ne me suis pas remis, tout de suite, à faire du son. Quand on se penche sur le travail entre les 2 albums, on sent quand même qu'il y a eu une volonté d'évoluer vers quelque chose de nouveau. Est-ce pour essayer d'oublier ce 1er album, qui s'est fait dans la douleur? Sako : Il y a un peu de ça c'est vrai? déjà, quand « 1000 et 1 fantômes » en était au stade du mastering, je voyais déjà une multitude de choses qui ne me plaisaient pas. Je me rendais compte alors que je n'avais pas fait l'album que j'aurais voulu faire, et qu'en fait il ne me correspondait pas. A tel point que seulement quelques semaines après qu'il eut été fini, on ne l'écoutait même plus. On a du le réécouter pour travailler les répétitions avant les concerts, et j'avais l'impression que c'était quelqu'un d'autre qui l'avait fait. Donc en me remettant au travail, je suis allé plus vers ce que je voulais faire, Hal : Moi je ne serais pas aussi catégorique que Sako. A mes yeux, il comporte bon nombre d'éléments qui reflètent ce qu'on était à cette période là. Le problème majeur vient du fait qu'on a fait, à l'époque, juste ce qu'on pouvait faire. Il s'est fait dans la douleur, on s'est impliqué corps et âmes, à tel point que je pense qu'on y a laissé La grosse différence avec « Sincèrement », c'est qu'on s'est mis un minimum de pression et qu'on l'a fait avec un maximum de plaisir. Et surtout, on a fait ce qu'on a voulu. En comparaison, pour le 1er album j'ai amené plus de 150 instrus, ça partait dans tous les sens, beaucoup de sons n'étaient pas aboutis. Là, j'en ai fait beaucoup moins, mais je savais ce que je voulais faire. Ma manière de travailler à ce niveau là a changé, je n'avais pas envie de refaire les mêmes erreurs que précédemment. Et on a gagné beaucoup en efficacité. Justement, que vouliez vous exactement pour ce nouvel album? Sako : Moi j'ai voulu aller plus directement à l'essentiel. Cela impliquait qu'il me fallait de nouvelles façons de structurer mes phrases et de concevoir mes rimes. Je voulais aussi être plus technique, je ne voulais pas qu'il n'y ait qu'une rime en fin de mesure. Pour le 1er album, on sait que personne n'était intervenu dans votre travail. Vous l'aviez fait quasiment en autarcie, ce qui peut expliquer son côté un peu « fermé ». Avez-vous demandé des avis extérieurs pour sincèrement ? Hal: Pour « 1000 et 1 fantômes », on l'a fait dans la grotte de Tora-Bora, où nous n'étions que 2. Pour le second, on a vu qu'il y avait un peu de lumière, et on est sorti !(rires). Non, c'est vrai que nous avons essayé de faire écouter l'album à divers stade de son élaboration. Pour ma part, quand j'ai fait écouté en amont les prods à Sako, d'autres amis venaient écouter et me donnaient leurs avis. Ensuite, on a fait écouté les maquettes de pré productions à la maison de disques, qui s'est sentie plus concernée. A l'inverse du premier où nous étions isolés, ce qui nous a coupé des gens du label, chose qui nous a desservie par la suite pour leur faire comprendre ce qu'on voulait vraiment. II ? Le travail de la production A la différence de « 1000 et 1 fantômes », qui était dense, sombre et hermétique musicalement parlant, « Sincèrement » lui est ouvert, positif et cohérent. Hal, comment as-tu abordé le travail pour ce nouvel opus ? Hal: Certaines instrus, comme celles de je me sens bien et de libre, datent d'il y a 2 ans environ, si je me souviens bien. Disons qu'après cette période d'inertie dont je t'ai parlé tout à l'heure, il y a eu un déclic. Ce dernier est venu avec le son de je me sens bien et dès ce jour, j'ai passé un cap. Je désirais faire des choses précises, et je me suis pris la tête pour y arriver, tant au niveau des samples que du choix de beats. J'ai préconçu cet album à une époque sombre de la vie, et produire m'a servi, quelque part, d'exutoire; j'ai donc évité justement les sonorités sinistres et sombres. Ca ma permis de me libérer Si tu veux quelques précisions supplémentaires je peux te raconter la genèse de quelques morceaux. Sincèrement par exemple, bien qu'il soit assez basique, est le morceau qui m'a donné le plus de mal. Je l'ai commencé il ya presque deux ans et j'ai mis quasiment un an à trouver juste les bons kits rythmiques. La structure du morceau des ailes, est elle, particulière. Peux-tu nous en dire plus sur ce morceau ? Hal : Des Ailes? Ca va je l'aime bien avec du recul (rires). En fait Sako me l'a « kidnappé », et j'ai pas eu mon mot à dire moi (rires). En fait, je l'aurais presque viré de mon choix personnel si sa structure n'était pas atypique; en effet la dernière mesure n'est que sur 2 temps. Au final j'en suis assez fier, c'est vrai que Sako a trouvé la façon idéale de l'aborder. Et pour les autres sons ? Hal : Pour le reste, ils ont tous été faits en plusieurs fois. En général, il me faut quelques semaines. Je tenais également à préciser que j'ai eu la chance d'avoir reçu l'aide de la personne à côté de moi, Dj Mesk, qui sur On Air et Esprit Tranquille m'a aimablement fait écouter des petits trésors de sa grande collection de disques. Petite anecdote, concernant l'Esprit Tranquille, l'instru à quelques jours de rentrer en studio était totalement différente. J'ai fait un remix pour l'accapella de la maquette avec un sample que m'avait passé Dj Mesk et finalement c'est cette version là qui est restée sur l'album. Sako : concernant le son de cet album, je voudrais préciser que sans Eric Chevet, qui est la personne avec qui on fait nos mixs depuis le début, l'album n'aurait pas été comme ça. Hal et moi le considérons comme le troisième membre du groupe. On lui doit beaucoup? Autre chose, du fait de l'échec commercial de « mille et un fantômes », notre budget a été réduit de 50%. Mais nous avons tout de même pu travailler dans un studio meilleur que pour le 1er album. En fait, ce sont les studios La Cosca qui ont investi dans de nouveaux équipements bien plus performants, notamment une SSL, véritable Rolls-Royce des consoles. Eric Chevet aux commandes d'une SSl, voilà une autre explication à cette évolution dans notre musique. Hal lui a fait un travail remarquable, juste le son qui sortait de la mpc m'enchantait et me rendait très confiant pour la suite Dès que l'on a commencé à bosser sur cet album, je savais que ça allait être excellent, surtout qu'il y avait Eric chevet avec son nouveau matos qui allait passer derrière ! A la limite, ce disque aurait pu n'être qu'instrumental. N'oublions pas qu'on a eu la chance de faire masterisé l'album à New York par Chris Gehringer, qui s'occupe habituellement de Nas ou encore Busta Rhymes. On lui a juste envoyé les bandes, car on n'avait pas les moyens de partir là bas, et dès qu'il nous a renvoyé le tout on a été enchanté. Le mec a capté exactement ce qu'on voulait, il savait où on voulait aller. Enfin, il y a eu le soutien permanent de la maison de disque, comme Hal l'a expliqué tout à l'heure. On s'était mis un point d'honneur à leur faire écouter chaque nouveau morceau maquetté un par un, pour qu'on retrouve une cohésion dans nos travaux respectifs. De plus, ça leur permettait d'élaborer une stratégie pour le lancement, avant même qu'on rentre en studio. Il y a eu un vrai travail d'équipe. Hal, as-tu changé de matériel entre les 2 albums ? Hal : NON !! Tout le monde me pose cette question, mais le 1er album n'a pas pu me payer d'autres machines donc je suis resté avec le même matériel. Mpc et Triton, et pas d'ordinateur. Pas encore?mais pourquoi pas, si les ventes de cet album le permettent (rires). Sako, de ton côté as-tu influencé le travail d'Hal en lui donnant des Sako : Pas spécialement. Souvent, je lui disais « tiens j'ai un morceau qui parle de ça et de ça, je verrais bien une touche de cette couleur ou de cette couleur? ». Lui me passait des sons, j'en prenais quelques uns, je lui en laissait d'autres. Ensuite, quand on avait le texte et l'instru, là oui on travaillait tous les deux indissociablement. Mais en général je n'ai rien à redire sur ses sons ! C'est pas compliqué on a la même vision des choses, les mêmes objectifs, les mêmes influences? Et en studio comment cela s'est-il passé? Sako : En fait, 95% de l'album a été fait avant de rentrer en studio. Cela nous a permis d'éviter les mauvaises surprises, de bien gérer notre temps, et donc de n'avoir aucune pression. Vu le prix que coûte le passage en studio, on n'avait plus le droit d'avoir des mauvaises surprises, du style une caisse qui sonne différemment de chez toi etc. Justement les influences, quelles sont elles? Hal : Il y a un album en particulier, qui est sorti peu avant « Mille Et Un Fantômes », le 11 septembre 2001 plus exactement. C'est « Blueprint » de Jay-Z. Pour moi, en tant que producteur de rap, il a énormément compté. Il m'a fait regarder la musique différemment, de la rendre plus mélodique. Enfin, je ne pense pas que la différence avec le premier soit radicale. C'est une continuité logique, j'utilise toujours des samples de soul, différemment programmées peut-être, mais c'est une évolution naturelle. Sako : Ca revient à ce que l'on a mentionné avant, sur le premier on a juste fait ce qu'on pouvait. et sur celui là on a fait ce qu'on voulait ,en fonction tout de même des moyens qu'on avait. Ya quand même des moments où on s'est « dit tiens là si on avait plus de thunes ça serait bien de rejouer ce sample là par des vrais instruments, ici j'aurais bien vu un vrai guitariste et des percussionnistes, sur tel track des choristes?». Mais bon, en fonction des moyens qu'on a eu et de nos vraies capacités on a fait exactement ce qu'on a voulu. Avez-vous d'ores et déjà des idées pour un éventuel 3ème album ? Hal : Non je ne peux pas te dire, ça va évoluer c'est certain mais vers où exactement, personnellement, je ne peux pas te le dire. Comme à la sortie de « 1000 et 1 fantômes », je ne sais pas trop vers où je vais. Ca va faire 3 ou 4 mois que l'album est fini et depuis je ne suis plus vraiment retourné en studio, je n'ai pas encore retrouvé les automatismes mais cette fois ça ne devrait pas tarder car j'ai de nouvelles idées, j'ai envie de passer à nouveau du temps sur mes machines. Après te dire à quoi ressemblera le troisième album si troisième album il y a, c'est trop tôt. J'espère encore évoluer? Le problème que pose l'évolution, et c'est paradoxal, c'est le risque de « décevoir » les fans purs et durs? qu'en pensez-vous ? Hal : Les gens qui ont été désarçonnés par ce nouvel album je les comprends, mais tu ne peux pas demander à un artiste de faire à chaque fois le même disque. Pourquoi aurions-nous fait un « 1000 et 1 fantômes bis » ? Cela aurait été contraignant ! Nous on cherche à progresser, à amener de nouvelles choses à chaque sortie. On n'a pas envie de tourner en rond, on cherche à aller de l'avant. Sako : Moi je vais prendre l'exemple des critiques que j'ai lues concernant le 1er single, mes yeux d'enfant, qui m'ont fait halluciner. Certaines personnes ont dit « Ce n'est pas du Chiens De Paille ça! C'est pas sombre etc » Attends nous on est pas sombres ! Nous sommes des êtres humains, on a toute une palette d'émotions. Il faut arrêter de nous cataloguer comme un groupe « sombre », avec des textes « sombres » et basta ! Hal : Si ya bien quelqu'un qui peut définir Chiens De Paille c'est bien nous ! Ce n'est pas parce que le texte n'est pas sombre et que tu le comprends dès la 1ère écoute que ce n'est pas Chiens de Paille; au contraire cet album est bien plus représentatif de ce que l'on est vraiment. Et encore plus mes yeux d'enfant, titre que j'aime énormément. Avec qui aimeriez-vous collaborer ? Hal : j'ai plus trop de rêves, et je sais comment ça se passe. Moi je vois de ça d'un point de vue humain. J'aimerais bosser mais que avec des gens avec qui j'ai des affinités. Bien sur il y aurait des américains, mais c'est que du business et ça ne me plait pas trop. Il faut vraiment que humainement il y ait un truc., Et travailler en binôme avec Chill sur un projet commun? Hal : Chill c'est particulier, c'et une personne avec qui on partage les mêmes goûts, il m'a donné énormément de conseils. On a des affinités, ses avis m'intéressent? après travailler en collaboration avec lui, pourquoi pas, car c'est une des personnes avec qui je m'entends le mieux. Sinon bien là comme je t'ai dit j'ai bossé un petit peu avec Dj Mesk, pour 2 tracks de « Sincèrement » et pour Electro Cypher 2, qui malheureusement ne s'est pas fait, et je pense que l'on va à nouveau faire des trucs ensemble à l'avenir. Justement, Dj Mesk quel a été ton rôle sur cet album exactement ? Dj Mesk : Moi je suis sélecteur musical, et non pas dj à proprement parler, donc j'ai une grosse collection de disques que j'amasse depuis plusieurs années. Je ne produis pas, je n'ai pas vraiment le temps donc je reste juste à côté de ça. Je supervise un peu ça de loin (rires). Sinon je n'écoute pas forcément que du rap, j'écoute un peu de tout? et quand c'est du rap français quasiment personne à part « Chiens de paille » (rires). Niveau américain, y'a déjà plus de monde. La façon dont ils arrivent à sampler la soul de façon différente, avec la vague des Kayne West etc par exemple ça m'attire. En France est-on prêt pour ce genre de trucs ? Je ne sais pas. Enfin voilà, Dj Mesk c'est juste un type qui sélectionne du son qu'il passe de temps à autre dans des soirées. J'ai été longtemps à Grenoble dans la structure CH2, où j'étais le DJ de quelques groupes, voilà. III ? Sako, le renouveau Sako, toi aussi ton style a énormément évolué depuis le dernier album. Sako: Comme pour Hal avec ses productions, c'est la suite logique de ce qu'on a pu faire avant. Moi après « 1000 et 1 fantômes », je voulais aller plus loin avec l'écriture. Comme je le dis souvent, les mots c'est comme les jetons au casino : l'important ce n'est pas leur nombre, mais la valeur qu'ils ont. Pour l'écriture c'est pareil, pas besoin d'avoir des centaines de mots pour exprimer une idée. J'ai donc travaillé là-dessus, à savoir aller à l'essentiel. Il y a quand même 5 ans qui se sont écoulés entre les fondations du 1er album et la sortie de « Sincèrement », donc forcément tu vois une différence. Mais si tu regardes bien ce que j'ai fait entre les 2, tu verras une continuité logique. Toi tu t'es senti comment après « 1000 et 1 fantômes » ? Sako : Bien tout comme Hal, j'étais un peu désemparé. Il y avait trop de décalages entre ce que j'aurais voulu faire et ce qui avait été fait. Pendant un petit moment, j'écrivais rien de neuf, je ne gardais pas le peu que je faisais. Ca n'apportait rien de plus que ce que je faisais auparavant. Moi quand je sors un morceau, c'est que je considère qu'il apporte un peu plus que celui juste avant. A part quelques mixtapes et featurings, je n'ai rien fait de spécial. J'ai donc fait un travail sur moi-même, et à peu près à la même période qu'Hal c'est revenu peu à peu. J'ai eu des déclics en écoutant ses sons, mais c'est une somme de petites choses qui ont fait que j'ai retrouvé la motivation pour travailler. Il n'y a pas un son ou un évènement en particulier, c'est venu comme c'est venu, naturellement en fait. Et cette fois-ci quel regard tu portes sur le travail fourni pour « Sincèrement » ? Sako : Je considère que les meilleurs morceaux sont devant moi, je ne suis pas encore là où j'aimerais être mais je commence un peu à voir comment aller là où je veux aller. Ce qui me fait plaisir c'est que maintenant je ne suis plus tout à fait dans l'obscurité concernant mon travail, je sais quels sont les points sur lesquels il faut que je travaille et dans quelle direction il faut que j'aille pour y arriver. Et ça me rassure. Nous sommes à un stade où on n'a pas vraiment d'échos sur ce qu'on fait, mis à part nos proches qui nous donnent un avis intéressant. Pas de réel retour du public, mais ça commence à venir et donc je sais où je dois creuser. La dernière fois qu'on s'est vu, tu n'avais pas la même vision des choses? Sako : Oui je me souviens, c'était un an après la sortie de « 1000 et 1 fantômes » Y a-t-il eu des albums ou des tracks qui t'ont marqué durant tout ce temps? Sako : Oui, il y a eu le Blueprint, qui a été une claque c'est clair puis d'autres trucs mais Hal t'as déjà tout dit là-dessus, tout ce qu'il a dit vaut pour moi aussi. D'ailleurs à ce propos Jay-Z pourrait bientôt être de retour tu es au courant ? Sako : Oui, avec Dre sous le nom de Shawn Carter, ya déjà un titre qui tourne sympa sur le net, et la mixtape de Jay-z téléchargeable sur le site de Roc-A-Fella. J'ai beacoup aimé, comme j'ai énormément kiffé le Black Album. C'est le genre de sorties qui me rassure, comme le Kayne West d'ailleurs. Je me dis qu'il y a toujours des gens qui inventent, qui poussent le truc plus loin encore et qui apportent de bonnes choses. Tu as d'autres exemples à citer parmi les gens qui tu apprécies le plus musicalement parlant ? Sako : Il y a plein de mc's qui me font kiffer. Mais ce que j'ai remarqué, c'est qu'en ce moment je retourne vers les bases. Je suis revenu à Big L, O.C, Notorious BIG, Nas, etc. Nas je ne l'ai jamais trop quitté, mais j'ai bien réécouté Illmatic. J'ai aussi ressorti A.G, G-dep?Tous ceux là c'est la technique à l'essence pure ! Si tu ne devais en garder qu'un ? Sako : Big L. C'est mon rappeur ça, si je devais n'en garder qu'un c'est lui. Si n'avait pas été tué, il aurait signé sur Roc-A-Fella et ça aurait été magnifique. J'ai vu des images de lui en live, en studio et c'est vraiment hallucinant. Pour moi si je devais n'en citer qu'un ça serait lui. Hal : Pour en revenir à Jay-Z, ce qui fait la différence pour moi c'est que c'est un dénicheur de talent. Il a quand même découvert Kayne West ou Just Blaze, par exemple, ou tout du moins il leur a donné une dimension internationale. Jay-Z c'est un des seuls grands qui ne choisit pas les gens en fonction de leur nom mais selon la qualité de leur travail. Comme pour 9th Wonder, il lui a donné sa chance sur le Black Album alors qu'il n'avait pas de véritable notoriété auprès du grand public. Il avait juste un petit buzz grâce à ses fameux remix de Stillmatic. Hal : Ca je n'ai pas écouté, mais comme tu dis 9th Wonder c'est un bon exemple. En France, on n'a pas beaucoup de gens comme Jay-z qui prennent des risques comme ça. On regarde trop en fonction des ventes. Il n'y a pas beaucoup de gens en France qui peuvent faire un album sans écrire de rimes, juste en les composant dans sa tête comme Jay le fait. (rires) Sako : Jay a dit qu'il ne le faisait plus mais détrompes toi, en France ça existe aussi. Je me rappelle quand j'ai assisté à l'enregistrement du morceau « 24 h à vivre » d'Oxmo avec Chill, Freeman, et les autres, j'ai vu Oxmo faire ça. Il est arrivé en studio, il s'est couché sur un canapé, il a écouté tourner le son, ensuite il s'est mis à rapper des textes de Jay-Z justement qu'il connaissait par c?ur pour essayer sa voix puis il lâché un texte qu'il a écrit comme ça dans sa tête. C'était impressionnant. Tiens en parlant d'Oxmo tu as écouté son nouvel album, même si tu n'es pas trop fan de rap français ? Sako : non je n'ai pas eu l'occasion de l'écouter encore, mais ça me tente bien. J'ai aussi écouté vite fait quelques titres de Kool Shen, mais moi ma philosophie c'est « pas de rap français » donc j'ai du mal à aller chercher les trucs de moi-même. Attention, si il y en a dans une pièce je ne vais pas pour autant me barrer en courant (rires). Mais Oxmo c'est vrai qu'aujourd'hui vu ce qu'il fait c'est dur de passer à côté, mais je n'ai pas encore pu jeter une oreille. Ca va venir. On revient sur Sincèrement ; les thèmes sont plus variés, il y a moins d'égotrip et on sent beaucoup d'optimisme même dans ces morceaux là. Parles-nous un petit peu de tout ça. Sako : Tu ne peux pas demander à quelqu'un de faire à chaque fois le même album. Je n'allais pas réécrire les mêmes titres, j'ai d'autres facettes que j'ai voulu exploiter sur cet album. Je reste un être humain, je n'ai pas qu'un seul trait de personnalité et j'ai plein d'émotions. Et comme d'habitude j'ai écrit en réaction à ce qui m'arrivait. Ca peut partir d'un mot ou d'une phrase que j'entends, d'une image que je vois? ça me donne des idées que j'exploite peu à peu ensuite.Puis il y a eu des évènements dans ma vie qui ont fait que l'album à cette couleur là, le prochain en aura sûrement d'autres. Pour nous il n'y a aucun calcul là-dessus, quand je prend mon bic je ne me dis pas « il faut que je fasse cela parce que mon style c'est ça et ça ». Tout part d'une petite idée, d'un titre ou d'un son et des fois ça ne va nulle part. Disons que déjà je fais ce que je peux ; après de plus en plus j'arrive plus ou moins à faire ce que je veux parce que j'ai des clefs, dans la technique entre autres, mais au niveau du contenu hormis faire attention à ne pas dire n'importe quoi je ne me mets pas de barrières précises. Je mesure mes propos parce que je sais qu'il y a des gens qui m'écoutent, notamment des gens qui me sont chers. Il y a ce côté « engagé » qu'on avait rarement vu chez toi, qui apparaît au grand jour sur cet album. Mais ce qui frappe quand tu abordes certains sujets d'actualité, pourtant maintes fois traités par d'autres, c'est ce recul, cette vision très adulte et très sage des choses. On ne remarque aucune violence gratuite ; je vais prendre comme exemple une phrase tirée de Des Ailes: « Je vois parler Bush à Saddam, lui dire Aleykoum Salam ». Cette phrase est très forte, et comme un tas d'autres elle montre un désir de paix assez intéressant, qui traduit une grande intelligence de tes propos. Expliques-nous comment justement tu choisis d'aborder tel ou tel thème? Sako : J'exprime tout simplement mon point de vue et ce que je ressent. Je ne me suis pas forcé à donner une couleur pacifiste à mes propos, c'est juste mon sentiment sur certains évènements. Hal : Justement concernant Des Ailes, j'aimerais que Sako expliques bien comment il a conçut ce morceau parce que je ne sais pas si tout le monde a bien compris où il voulait en venir. Sako : Hal a raison, je ne sais pas si les gens ont bien compris ce que j'ai vraiment voulu faire. Le thème m'est venu alors que je regardais les images du début de la guerre en Irak ; Je me suis dit « voilà, il se passe ça et moi on me demande d'écrire un album qui fasse réfléchir les gens ». Mais quand tu te trouves en face de telles images, que reste-il à écrire ? C'est parti de ça, l'idée c'est que si j'avais vraiment quelque chose à faire avec ma plume c'était d'essayer de changer les choses, même si ça reste une utopie. Dans Des Ailes, les 8 premières mesures de chaque couplet décrivent la réalité, ensuite il y a un son de harpe et moi là j'enchaîne en expliquant ce que je peux faire avec mon On t'entend également mentionner, mais avec beaucoup de finesse, le conflit israélo-palestinien? Sako : Vu ma place, mon âge et les limites de ma connaissance, je ne peux pas me permettre de donner sur disque un avis sur le conflit israélo-palestinien, même si j'en ai un. En plus c'est tellement facile d'écrire à côté et de dire n'importe quoi que je m'abstiens de parler de ça sur un morceau qui risque d'être diffusé à grande échelle. Ce conflit existait déjà quand je suis né, moi là dedans qui suis-je pour dire « il faut faire ça », « ça doit se passer comme ça et non comme ça » ? Il y a des gens qui font ça toute leur vie, qui se battent et qui meurent, donc ce n'est pas moi avec mes quelques rimes qui vais changer les choses. Je n'ai pas à me prononcer, c'est même un devoir de respect vis à vis des personnes réellement concernées. Et si j'aborde cette question dans un titre, c'est avec délicatesse et en marchant sur des ?ufs. . L'amour semble beaucoup t'inspirer, je pense notamment au titre Je me Sens Bien, grand moment de l'album, et semble t'avoir apaisé. Est-ce que cela a influencé ta plume ? Sako : De l'amour il y en avait déjà dans le 1er album ! Sinon Je me Sens Bien n'est pas vraiment différent des autres, hormis qu'une personne m'a inspiré pour l'écrire. C'est juste ma vision de l'amour, comment je vis avec. Plein de textes parlent de l'amour, moi je ne m'y retrouvais pas donc j'ai donné ma représentation personnelle de la chose. Et encore, en le réécoutant il y a des passages qui ne traduisent pas parfaitement les émotions que je voulais faire passer. Mais, comme le dit Akh, quand tu entends juste le « Ne me quittes pas » de Brel, après tu peux écrire tout ce que tu veux ça n'aura pas la puissance de cette simple phrase. On est sans doutes des milliards à vouloir s'exprimer là-dessus, mais je n'ai rien entendu encore qui égale cette chanson là. Le 1er Single, Mes Yeux D'enfant, a surpris beaucoup de monde lors de sa sortie. Dans quel état d'esprit as-tu écris ce morceau ? Sako : C'est bizarre mais l'ambiance du morceau ne correspond pas du tout à l'état d'esprit dans lequel j'étais quand je l'ai fait. Je me rendais compte de comment les choses tournaient pour moi et je pensais que par moment j'aimerais être moins lucide, notamment sur mes réactions ,sur la vie et les gens qui m'entourent. Il y a des lucidités que je n'aimerais pas avoir. Plus simplement, redevenir un enfant. Tout est parti de là en fait. Et le concept c'est de rapper sur l'enfance, et plus le morceau avance plus je redeviens enfant. D'ailleurs, les dernières mesures sont rappées par un enfant. Sans avoir toutefois une vision passéiste et réactionnaire qui affirme que tout était mieux avant. Je veux dire aussi dans ce morceau que je suis bien maintenant, mais je me rends compte que j'ai perdu un des trésor les plus chers que j'avais. Un trésor dont on prend conscience que lorsqu'on ne l'a plus? Te rendre compte de tout ça, ça te donne envie d'avoir à ton tour des enfants ? Sako: Malheureusement, il faut être réaliste : on ne sait même pas nous-même ou on va pas plus qu'on sait de quoi demain sera fait. On a trente piges, et on vit toujours au jour le jour comme quand on avait 15 ans. Mettre un enfant au monde alors que tu ne sais pas si le mois prochain tu pourras remplir le frigo, ça serait stupide. Mais bien sur que la volonté d'être père je sais qu'au fond je l'ai. Tu dis que l'avenir est incertain, est-ce que ça veut dire que malgré un deuxième album et une certaine reconnaissance du public vous n'avez pas confiance pour les prochaines années? Sako : Tu sais, en mettant les pieds dans l'industrie j'ai perdu mes illusions. Avec Hal, quand on regardait ça encore de loin, on se disait que vivre de sa musique et rencontrer toute la journée des gens passionnés ça devait être génial. Mais en fait plus tu montes, plus rares sont ces gens là et plus nombreux sont ceux qui ont une calculette à la main. On a pris conscience peu à peu des réalités de ce milieu, on a été trop naïfs et rêveurs. Le morceau «Un bic et un beat » est né de ça. Moi par exemple j'ai un petit frère qui s'investit dans le deejaying, il aime ça, et je me dis qu'à son âge j'aurais aimé que quelqu'un me fasse le discours de ce titre. Même si je n'aurais pas forcément fait les choses différemment, mais au moins on m'aurait mis en garde et j'aurais eu ces conseils dans un coin de la tête. Faut arrêter de croire que le rap c'est ce que tu vois dans les clips : des culs, des Mercedes, des belles baraques? Le rap quand tu es en ndépendant, c'est le RMI, rien de plus que ça. A de rares exceptions tu arrives à en vivre. Il y en a beaucoup qui bossent à côté, sans oser le dire par peur de briser le mythe. IAM dans ce cas doivent être des modèles pour vous qui êtes souvent qualifiés comme les petits frères du groupe ? Sako : Pas uniquement dans le domaine professionnel, mais aussi dans leur vie de familles. Ce sont des gens qui ont des enfants et les élèvent bien, avec des valeurs saines, ils ont créés des sociétés qui sont dédiées à leur passion, ils vivent de leur art? ce que j'admire, mais ils ne sont pas là par hasard, ce sont des bûcheurs. Donc quand on me dit que tu es le petit frère d'IAM, je l'assume avec plaisir, et même je suis fier de ça. Avez-vous assisté à la conception de Revoir Un Printemps ? Si oui est-ce que cela a été instructif pour la réalisation de votre album ? Hal : Malheureusement non, car on était en train de composer notre album. On a eu une écoute au mois de juillet 2002, quand on avait pris une semaine pour maquetter les premiers titres de Sincèrement. On avait entendu la cinquantaine de titres qu'ils avaient fait, mais on n'a pas participé ni vraiment assisté à la création de cet album. Qu'en pensez-vous justement de cet album ? Hal : Ce n'est peut-être pas mon album préféré d'IAM, mais je le trouve quand même énorme. Je suis par contre très agacé quand j'entends certaines critiques à son égard. A ce moment là, les gens qui trouvent ça nul devraient arrêter d'écouter du rap français. Niveau production, cet album n'a pas d'égal en France. Sako : Iam pour moi ne dérogent pas à la règle, je n'écoute pas de rap français donc je n'écoute pas cet album. Je l'ai cependant entendu plusieurs fois, et j'ai eté subjugué tant par la qualité des textes que par la puissance des productions. J'ai juste remarqué que le fait que leurs couplets soient chargés risquait de les pénaliser, comme on l'a été nous-même, avec « 1000 et 1 fantômes ». Mais entendre ce disque m'a rassuré, j'ai vu que des gens fidèles à leurs convictions et à leurs idées ça existait encore dans ce milieu. Je me suis senti moins seul. Les membres de Coloquinte (Samm, le « A » et Dj Elyes) ne sont pas présents sur cet album, quelle en est la raison ? Sako : On ne voulait pas refaire un « 1000 et 1 fantômes » bis, on voulait par exemple un autre DJ qui amène une vibe différente, d'autres feats. Voilà. Des rumeurs circulent comme quoi Napalm ne serait plus et que des tensions existeraient? Hal : Sans commentaire. Napalm, je suis tenté de dire que ça n'a jamais vraiment existé. On a sorti un disque sous ce nom (NDLR : La BO des Rivières Pourpres), qui regroupait des gens du même coin. Mais chaque groupe n'était pas assez mûr à cette époque pour développer la carrière d'un collectif. C'était une utopie. Et on ne se sent pas visé par certains propos, car ce disque des Rivières Pourpres ne nous a servi en rien puisque Chiens de Paille été déjà connu à l'époque et qu'on était quasiment absent de ce disque. Ce n'est pas ça qui nous a fait décrocher notre contrat. De nouveaux morceaux avec Coloquinte sont donc envisageables ? Hal : Pourquoi pas, il n'y a pas de problèmes. Ils sont dédicacés dans l'album. IV ? Live on stage Pour assurer la promotion de Sincèrement, vous étiez en 1ère partie du « stratégie tour » d'IAM durant ces dernières semaines. On a pu constater maintenant que Chiens de Paille sur scène c'était très énergique, et le public a été très réceptif. Comment avez-vous préparé tout cela ? Hal: Déjà, le fait de jouer en introduction le titre qui nous a fait connaître, Maudits soient les yeux fermés, moi j'étais contre personnellement. Il s'est avéré que c'était un bon choix car le public a vraiment apprécié qu'on refasse ce track en live, même 7 ans après sa sortie sur la BO de Taxi 1. Sako avec Veust Lyricist et L'algerino (NDR : qui accompagnaient Chiens de Paille sur scène lors de la tournée) ont eu une excellente idée, ça a rappelé aux gens qui nous étions. Entendre des salles entières reprendre ce refrain ça m'a fait très plaisir. Pourquoi n'avoir joué qu'un seul vieux morceau, alors que des titres comme Seul par exemple sont également très appréciés du public ? Sako (rires) : Tu rigoles ?? C'est le genre de morceau que j'ai l'impression d'avoir écrit dans les toilettes ça ! Je déteste ce morceau aie aie aie ! C'est toi qui rigoles ce morceau est excellent !!! Sako (rires) : C'est marrant car ça prouve bien qu'une fois un morceau sorti, il ne t'appartient plus du tout car les gens en font ce qu'ils veulent. . Parfois, tu fais des morceaux dont tu es hyper fier et ils ne trouvent aucun écho, d'autres fois tu te mets à regretter d'avoir mis tel ou tel track sur l'album et finalement les gens l'adorent. Pour l'anecdote, Seul à l'origine c'est une chanson de Brel qu'on devait refaire avec Chill pour un projet rap commémorant la chanson française. Chill m'a demandé de le faire avec lui ; le problème, c'est que Brel avait 9 couplets de 2 mesures qui n'avaient pas été écrits pour être rappés. Donc on a construit autour de ces 9 couplets une chanson inspirée par les vers existants ; Chill reprenant les originaux et moi mes propres couplets écrits en fonction. Ca nous a donné 9 fois 8 mesures, un format acceptable pour une chanson de rap. C'est quand même dommage que ce morceau ne soit pas sorti officiellement? Bon revenons à la préparation de la scène? Sako : Regarder IAM préparer leur show nous a énormément apporté. On s'est rendu compte en les voyant faire qu'ils ne laissent rien au hasard: quand tu les voir intervenir entre les morceaux, ce n'est jamais improvisé. Ils savent à l'avance qui va dire quoi entre chaque track, pour combien de temps et de quelle manière. C'est du grand art, tout est minuté à la seconde. Lorsqu'ils répètent chez eux, même les interludes sont minutés. Ils travaillent à l'avance leur placement sur scène, le nombre de mots à dire pour respecter le timing, l'occupation de l'espace sur scène, les jeux de lumière etc. Nous quand on a assisté à ça on s'est dit qu'on était très loin de tout ça. Après quand avec Lyricist et L'Algerino on a du préparer notre show, le fait qu'on s'entende bien nous a permis de trouver la bonne formule pour faire un bon truc. Il fallait aussi que les gens puissent distinguer qui était Chiens de Paille, qui était Lyricist et qui était l'Algerino tout en faisant en sorte que le show reste homogène. Donc on a tout calculé à notre tour : par où rentrer, à quel moment, les morceaux à faire, l'éclairage? Hal : Je tiens à préciser que participer à ce genre d'évènements est une chance unique, parce qu'on a pu faire découvrir notre musique a un maximum de gens, dans des conditions optimales? Chaque MC avait des oreillettes qui lui permettait de s'entendre; ce qui change tout au niveau de la performance vraiment. On a beaucoup appris. Sako: Le soir on était tous ensemble dans le bus, et l'ambiance était géniale. Autre chose qui m'a marqué, c'est qu'après chaque concert, un débriefing discret avait lieu. Je m'explique, à chaque date un membre d'IAM allait dans la salle pour regarder le show vu du public, et faisait des commentaires après aux autres membres du groupe. Bien ils venaient aussi observer la première partie, ils nous donnaient régulièrement des conseils, ils se sont vraiment bien occupés de nous. C'était pas « chacun fait son truc », et on ne peut que les en remercier. Le seul problème qu'on a avec Hal, c'est qu'on ne sait pas comment leur rendre la pareille et si on pourra un jour, tant ils nous ont aidé. Quel effet ça fait de voir des milliers de gens à chaque date qui reprennent vos textes et sont réceptifs à votre travail ? Sako : tu sais en première partie si tu te loupes, c'est toi qui prends les pierres et les tomates parce que les gens ils ne viennent pas pour toi. Donc il faut encore donner plus, parce que tu dois convaincre les gens que tu n'es pas là par hasard. Il faut tous les soirs être présent et tout donner. D'autres scènes sont prévues durant les prochains mois pour défendre Sako : c'est en pourparler actuellement, mais c'est vrai que ça ne sera pas pareil car là avec Stratégie Tour on a était dans les meilleures conditions qui soient. Honnêtement, ça n'aurait pas été pareil avec un son de moins bonne qualité ou des réglages plus approximatifs. Notre seul souci pour ce tour c'était de bien interpréter nos textes et de bien régler le niveau des oreillettes afin que tu puisses t'entendre! Il y avait constamment plus de 30 personnes qui s'occupaient de tout le reste. Hal : Je dois t'avouer que ça va être difficile de refaire les concerts sans ces précieuses oeillettes ! (rires) quand tu as goûté « au luxe », c'est toujours difficile de revenir à « « la réalité » ! Sako : Quoi que faire des concerts sur le toit d'un monoprix ça a son charme aussi, mais je préfère quand même les zénith. Je ne réalise toujours pas d'avoir fait ce tour, tellement c'était grand. Quand la sonnette de téléphone qui introduit Maudits soient les yeux fermés retentit, entendre tous ses gens hurler c'est incroyable! Les gens connaissent ce morceau par c?ur, c'est fou. J'ai vécu des moments inoubliables. C'est aussi un excellent moyen de faire savoir que votre album est dans les bacs, mais je trouve ça bête que pour le 1er single les médias n'aient pas joué le jeu. Comment allez vous faire la promotion de Sincèrement en dehors des scènes ? Hal : On bosse dessus actuellement. Là-dessus Le site vient d'être lancé (www.361vinyl.com/c2p), mais le nerf de la guerre se sont les médias. Et pour un groupe indépendant, pouvoir rentrer dans les playlists de certaines radios et faire certains gros magasines, c'est difficile. Sako : On est dans un petit label, et pour faire du bruit il faut de l'argent. C'est toujours pareil. Nous le gros de notre budget promo il a été investi dans la tournée, maintenant si on fait une sortie single et que ce dernier n'a pas d'écho c'est une perte d'argent énorme. On n'est pas une major, si on perd de l'argent on peut pas suivre derrière. Donc voilà l'explication pour mes yeux d'enfant, c'était trop risqué pour nous de le sortir commercialement. Le deuxième single potentiel, « Je me sens bien » va être envoyé en radio dans les jours qui viennent, mais si il n'y a pas de retours positifs on ne le sortira pas dans le commerce non plus. Nous on est vraiment indépendant de A à Z, il n'y a pas de major derriere nous qui injecte quelque argent que ce soit. Avec EMI, nous n'avons qu'un deal de distribution. Ce qui signifie que leur rôles est de prendre les disques qu'on leur donne, de les mettre dans les bacs via leur réseau et basta.Et encore, même ça, ça a mal été fait. Il y a encore des endroits où l'album n'est pas disponible. Seule la moitié des fnac par exemple est alimentée à ce jour. Quand tu ne pèses rien aux yeux des gens, c'est difficile d'avoir ce que tu veux. Quand tu penses qu'IAM au jour d'aujourd'hui n'arrive pas à faire entrer un clip la journée sur MCM, dis toi que pour nous sans grosses maison de disques ni « hits » ça devient mission impossible. Nous on fait tout dans la mesure où on peut le faire, mais plus lentement que la moyenne car on doit attendre les retours d'un projet pour pouvoir éventuellement en faire un autre. Nous la seule chose qu'on espère c'est que dans 6 mois on puisse encore travailler sur la promo de l'album, mais ça ça dépend des retours de je me sens bien. Tout peut s'arrêter là. Ce qu'on souhaite, dans l'absolu, c'est de rentabiliser suffisament pour pouvoir faire un [01.01.04] http://www.90bpm.com/ |