Depuis l'album Vocal Studies Uprock Narratrive, tout le monde connaît Scott Heren le petit génie qui jongle avec le hiphop et l'electronica pour nous offrir un son rare et délectable. Mais connaissez-vous Delarosa & Asora, une autre des multiples facettes de son talent unique...
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Delarosa & Asora…De loin, il semblerait que ce soit un duo, puis de plus près transparaît un seul nom : Scott Herren. Scott Herren ?!!! On ne l’aurait pas déjà repéré derrière d’autres projets tels que Savath & Savalas et surtout pour la majorité et la postérité Prefuse 73. L’homme orchestre qui s’y cache derrière semble apparemment avoir un sérieux problème schizophrènique ou alors un fabuleux don d’ubiguité. Multiplie-t-il les sobriquets afin de conserver timidement son anonymat ? Peut-être, joue-t-il sur plusieurs tableaux avec plusieurs équipes afin d’être sûr et certain de marquer des points ? Quel que soit le secret de fabrication, la recette semble bien fonctionner. La preuve : Prefuse 73 est consacré comme une des révélations hiphop les plus marquantes et sûrement les plus innovantes de 2001. Savath & Savalas (Hefty records) a pratiquemment créé un nouveau style hybride musical : le « post-rock » (Alors il y aurait un après-rock ? Mais que trouve-t-on sous le rock ?). Et puis, il y a Delarosa & Asora… Ahhh Delarosa & Asora… Comme dans chacun de ses projets, Scott Herren s’attèle à élargir voire dépasser un genre musical, la hype « electronica ». Si beaucoup ont ovationné l’album « Vocal Studies + Uprock Narrative » de Prefuse 73, ses autres productions restent méconnus, quelquefois cités mais raremment écoutés.
Plus précisemment, nécessairement et essentiellement, il faut tendre l’oreille vers Delarosa & Asora. Edité par le label Schematic (qui produit notamment Phoenicia et Richard Devine), Delarosa & Asora s’est particulièrement distingué lors de la compilation « Lily of The Valley » qui regroupe les artistes du label. Herren y parvient à atteindre un son rare dépassant l’électronique et évocant l’organique. Un tour de force confirmé avec les deux EP « Backsome » et « Agony part 1 ». Ecoutez, fermez les yeux, la musique grouille et gazouille, fredonne et frétille tel un microcosmos d’insectes. Ecoutez toujours à l’aveugle et vous entendrez apparaître des jeunes filles chantonner en chœur un air céleste. Avec précision, dextérité et aisance, le son de Delarosa & Asora appelle les sensations, éveille les sens et transforme la musique désincarnée des machines en une mélopée des plus sensibles. Delarosa & Asora crée un monde que les samples et les beats habitent activement. Un monde tout en relief de mélodies syncopées.
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Scott Herren avoue préférer se concentrer sur ses projets plus « hiphop », pourtant Delarosa & Asora possède le génie fulgurant des débuts et le charme d’une simplicité élémentaire d’un premier projet débuté en 1997 et seulement édité en 2000. A travers ses morceaux, il parvient à faire oublier toutes les chevilles du travail minutieux fourni. Basant son travail musical sur la rupture et la discontinuité sonores ainsi que la restructuration des beats, le résultat qui émerge en est innattendu de fluidité et de facilité à l’écoute. Le produit fini ne semble pas avoir été « produit » articiellement mais être inné, complètement naturel et léger, totalement sensible. Est-ce la virtuosité téchnique des machines utilisées ? Le talent de Scott Herren? Leur collaboration ? Leur osmose ? Rarement l’électronique ne parvient à la mélodie ; ici elle est totalement réussie, fluide et évidente.
La chronique arrive à son terme comme Delarosa & Asora dont Scott Herren a tourné définitivement la dernière page de l’ouvrage.
Delarosa & Asora est mort, longue vie à Scott Herren.
NB : Une vie qui s’annonce longue et tumultueuse puisque que la dernière actu en date de Scott Herren est le label qu’il vient de monter : Eastern Developments. On y trouvera des releases de Dabrye, Ammon contact, Hu Vibrationnal, MF Doom, the Leblase Import System. Pour plus d’infos, à consulter easterndevelopments.com .
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