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Dj Cam



A-t-on vraiment besoin de présenter (Dj) Cam ? Peut-être pas. Mais une petite mise au point sur sa carrière, pourquoi pas?

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A-t-on vraiment besoin de présenter (Dj) Cam ? Peut-être pas. Mais une petite mise au point sur sa carrière, pourquoi pas…

Cam, ce serait avant tout l’homme à ambiances, musicales évidemment. Jazz, funk, groove, soul, trip-hop, hip-hop, bien des termes finalement abstraits pour une musique qui épouse concrètement la « mood » du moment et l’air du temps.
Petit , il a grandi dans un bain de musique : piano, batterie, platines pour la pratique; jazz et funk avec son père, classique avec sa mère et hip-hop avec ses potes pour la théorie.
Il a ensuite affiné son style en s’ouvrant aux musiques et cultures nouvelles, dites urbaines. Sur le mur, il se baptise Cam avec des potes du lycée : les « erotic warriors ». Un nom qu’il conserve pour l’accoler ensuite sur les pochettes des disques. A la télé, il découvre Public Ennemy, Eric B & Rakim et surtout Gangstarr. Dès lors, il mène une quête frénétique du vynil, investit les disquaires et agrandit sa collection.
Cam ne trouve sa version définitive qu’après l’écoute en 1993 du mémorable Influx de Dj Shadow et s’épanouit désormais dans ce qu’il nomme lui-même le « abstract hip-hop ».
Il ne reste pas moins ouvert à d’autres influences et des sources d’inspiration sans cesse renouvelées. De la drum & bass premier cru de l’autre côté de la Manche ; mais également une série télévisée de Chris Carter (X-Files), un tableau de Mondrian ou de Matisse, un film de Sydney Pollack ou David Lynch l’orientent dans son parcours.

Cam fonctionne aux coups de cœur selon lesquels ses albums et productions évoluent, à chaque fois dominés par une figure tutélaire: Stevie Wonder (période Innervisions), Bob Marley, Gangstarr sans oublier Quincy Jones pour en citer quelques-uns.
Chacun de ses albums correspond à une halte musicale. Cam se ballade, fouille, chine, découvre des perles, redécouvre des classiques plus ou moins oubliés. Il prend le temps de se consacrer un temps à un style spécifique, sort un album qui synthétise et en exprime sa vision. Puis, il vogue vers de nouveaux horizons, change de cap et met la barre soit 100%jazz, 100% hip-hop et dernièrement 100% nu-soul…

Les noms évocateurs de ses premiers projets relatent sans équivoque son parcours. Un premier ep intitulé From Be Bop To Hip Hop suivi de Abstract Hiphop volume 1 (terme qui désormais collera pour ne pas dire étiquettera ses productions, finalement à son grand dam) avec le morceau qui le fera connaitre « Dieu Reconnaitera Les Siens » lui permet de faire son nid sur une scène française naissante.
Premier album Underground Vibes sur son propre label Street Jazz records qui deviendra par la suite et aujourd’hui encore Inflamable records. Vient le temps de la collaboration avec La Yellow Production, et Cam désormais fait partie d’une certaine scène parisienne proto french touch (la Funk Mob, Motorbass). Il participe également à diverses et notoires compilations telles que Source Lab, Musiques pour les Plantes Vertes ou encore Freezone vol 3. En 1996, il sort Substances qui le fera connaître d’un public élargi mais en contre-partie, le cataloguera dans le (sous)catégorie trip-hop. Beat Assassinated en 1998, ensuite, un album dit hiphop du moins dans la mouvance hip-hop avec des collaborations de Channel Live, Silvah Bullet et Otis entre autres. Loa project, deux ans plus tard, est un album résolument voodoo matiné d’ambiances haïtiennes. Hommage à un culte plus mystérieux qu’obscur et donc nécessairement source d’inspiration.

Et puis enfin, un nouvel album Soulshine qui sort ce 4 juin. Nouvelle étape dans ses pérégrinations. Cette fois-ci Cam nous propose une petite excursion en territoire nu-soul. Pas déplaisant, mais pas transcendant non plus. Il avait souhaité sur le modèle du projet Jazzmatazz donner le ton aux grandes voix nu-soul telles que D’Angelo ou Erykah Badu ou Jill Scott. Il nous offre un enchaînement de titres mielleux susurrés par Anggun ( !!! oui la chanteuse de variété) et China (la fille de Dee Dee Bridgewater qui fait perdurer le patrimoine génétique), fredonné par Cameo (héros de jeunesse) et scandé par Guru. La bonne surprise de l’album est la découverte d’une nouvelle voix, celle de Donnie sur le dernier morceau; une voix qui évoque celle de Stevie Wonder à ses débuts et qui a l’acabit d’un Maxwell ou d’un Bilal. Le B.A.ba dont on peut s’attendre dans un tel projet, c’est la prod de Premier sur laquelle pose Afu Ra, il faut l’avouer un peu décevante car déjà entendue cent fois. Dans l’ensemble si le vecteur de l’album est la recherche de l’émotion pure et sensuelle (une définition du concept « soulshine »), celui-ci sonne un peu « lounge » et a quelque fois du mal à provoquer un véritable émoi.

Homme d’atmosphère d’accord, mais pas un solitaire pour autant. Dans sa façon de travailler, la collaboration demeure centrale. Il n’hésite pas à s’entourer d’interprètes, musiciens et techniciens de talent. Par exemple, pour son dernier album, il fait appel a l’ingénieur du son américain Tom Coyne qui avait déjà œuvré sur le Voodoo de D’angelo. Des inspirations, une rencontre, l’émulation qui convergent en un morceau réussi, voilà la recette de Cam même s’il mène le tout d’une main de maître sous-tendue par une volonté de fer. Il tient à préciser qu’il compose, produit et surtout dirige.
Un goût musical qui le mènera à des collaborations prolixes. Il donne ainsi sa touche personnelle aux morceaux de Air, Jean Michel Jarre, Michael Jackson, Autour de Lucie…
Il se retrouve souvent associé à des noms tels que Dj Krush, (un morceau et un interlude sur l’album Mi-Light), Dj Shadow, Massive Attack… Ferait-il partie d’une sorte de panthéon ? Il semble qu’effectivement notre Cam national fasse bel et bien partie de cette scène internationale qui allie breakbeats, samples et composition.


Enfin, il faut impérativement savoir que Cam abhorre plus que tout les étiquettes. Le définir serait immobiliser une certaine image de lui et de sa musique et dès lors le paralyser dans sa démarche musicale et ses recherches d’ambiances assez différentes les unes des autres. Pour éviter la méprise, Cam a choisi de se délester du titre « Dj » qui habituellement précédait son nom. Loin de ce qu’il appelle (et condamne par la même occasion) le « star-system des Djs », il est simplement Cam et ne fait ni du abstract hip-hop/trip-hop/revival-soul/nu-soul, simplement sa musique. Il propage et partage ce qui le fait vibrer comme une caisse de résonance. Un écho à suivre en somme.



[29.05.01]
  Les commentaires :
benoit
17.07.08
bonjour voila j'aurai voulu savoir si il y aurait moyen d'envoyé un mail a dj cam en personne. voila merci d' avance.
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