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Hip-hop special week : Block Party

Héritage socioculturel d’un monde scindé entre gangs et communautés, volontaire non intervention de l’état, éclatement des foyers… le Bronx des seventies sera le cocon émasculé d’un hip-hop qui ne se connaît pas encore, entre peinture, métro, danse et expressionisme disco-funk. La block party apparaît et se structure, ici, à ce moment là, au milieu de Jerome Avenue, Sedgwick Avenue, 174th Street et 176th Street.



Retrouver la version anglaise de cette article chez nos amis de Grand Crew

Il est drôle de rappeler que nous fêtons plus ou moins cette année 30 ans de hip-hop. 30 ans que les premières galettes, proto rap sans avenir apparent, ont été pressées dans le tri-state et les wax-stampers de Manhattan, alors fumant d’edits disco-funk et du foutre jeté des débris du Paradise GaragePaul Winley et le disque de ses filles pour les uns (Rhymin’ and Rappin’, 1978), Fatback et son King Tim III (Polydor, 1979) pour les autres, Sugar Hill Gang et Rapper’s Delight pour la masse… le premier disque de rap : querelle des anciens. Pas grave, le rap, et le hip-hop, étaient nés, et c’est ça qui comptait. Et le hip-hop allait prendre, en quelques années et quelques savantes transformations astucieuses, une de ces côtes!

Au-delà de ces batailles préhistoriques, l’inventivité des précurseurs, la force d’une population au pied du mur, ont fait l’avancée d’une culture en rupture. Du blackout de 1977, des incendies lancinants du South Bronx de cet été là, se sont échappées les pulsions des premiers danseurs, le flot turbulent des bouches d’incendies dégoupillées, et le sentiment d’une nécessaire réappropriation du terrain par ses acteurs locaux. Héritage socioculturel d’un monde scindé entre gangs et communautés, volontaire non intervention de l’état, éclatement des foyers… le Bronx des seventies sera le cocon émasculé d’un hip-hop qui ne se connaît pas encore, entre peinture, métro, danse et expressionisme funk. La block party apparaît et se structure, ici, à ce moment là, au milieu de Jerome Avenue, Sedgwick , 174th Street et 176th Street.
 


Les block parties, ces fêtes de quartiers, commencent à émerger début 1970s, et le bouche-à-oreille de l’existence d’un animateur-DJ et maître de cérémonie champion du funk-rock louche, mais tellement dansant, commence à circuler. James Brown, Gil Scott Heron, The Last Poets comme illustrations vocales et Jimmy Castor Bunch, Rare Earth ou Incredible Bongo Band pour le break, la messe est dite. C’est cette cosmogonie, chauffée à blanc dans le Bronx de Reagan et d’une crise économique virale dans ce quartier de NYC, qui fait mouche. Block Party, fête de quartier, rendez-vous et BBQ de rez-de-chaussée, qui aujourd’hui se reconfigure un peu partout, sous d’autres horizons, d’autres subcultures. Ce four cosmique donc, duquel est sorti un pain hallucinant de jazz, funk, disco, reggae, rock, sans anicroches, avait donc, pour premier terreau d’expérimentation publique, le meilleur qui soit : la rue.
 
Car au-delà des phénomènes mercantiles et des évolutions technologiques, le hip-hop, chimère vampirisant le disco agonisant, a poussé ses premiers cris en block party et dans les gymnases d’en bas, façon aussi de sortir du cyclique Savage SkullsGhetto BrothersSpades, soit de la galère des gangs rivaux, triangulaire de la lose de quartier. Les seconds coûteux se disent « DJ, c’est cool aussi ! Et si on montait un crew de danseurs ? Y’aura de la meuf non ? ». Bref, les filles, le fun, la compétition, tout cela aidant, les appels à la danse se font de plus en plus fréquents ; Pete DJ Jones, Herc, Bam et Flash en guéguerre, Soulsonic Force, Jazzy Jay, Frosty Freeze et le Rocksteady Crew, Fab 5, Red Alert, et les danseurs sur les fesses, puis bientôt sur la tête ! Voilà les Block Parties généralisées.



La compétition, le cercle et la danse ont toujours fait partie de l’acception hip-hop. La redéfinition des frontières, pousser vers le sud, poser ses valises dans les clubs de Manhattan… La rue comme terrain de jeu est aujourd’hui un concept parcheminé, vieilli par une surexposition sans doute regrettable. Cela dit, cette « expression sonore improvisée » a de l’avenir : sound System posé dans une impasse de Kingston, Kwaito éclaté dans les courées rougies et les taxis sulfureux de Jobourg, complaintes cathartiques et appels à la danse des minots de Kinshasa, mélopées kuduru-rap, de Lagos à Luanda, ou réunion krump, dirt-south et bounce d’Orleans… L’expression musicale, le cercle, la danse, les dozens et ses versions intercontinentales, c’est le monde entier qui s’anime ; créer ses propres flammes d’expression, avant qu’elles ne soient récupérées… Une block party universelle, sans frontières, mouvante, relief éclatant des « sappeurs » du millénaire et du must-in bling-bling, ou joutes verbales et corporelles, va-nu-pieds sur le continent africain, cumbieros colombiens au Che tatoué sur l’épaulebref, c’est viscéral, « Get out and Move Your Back ». A suivre…

Par Lucas Blaya pour 90bpm

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3 commentaires

R.S 21.10.09
"vous realisez un article, dans le cadre d'une action commercial d'un industriel italien, traitant des origines du Hiphop ."

C'est à dire?
Lucas 16.06.09
Hello Coshmar, Merci de ta réaction!

Je prends donc le temps de te répondre, ton propos est fort intéressant.
Si tu lis bien, tu verras que je ne circonscris pas tant les choses, puisque je parle, comme base "du Bronx des seventies" comme univers de départ... Si tu lis bien de même, je cite l’année 1979, comme année de base sur disque, en précisant même "le premier disque de rap : querelle des anciens", souhaitant illustrer par là que ce n'est pas tant cela qui nous intéresse mais l'éventail culturel d'un mouvement, son regard par rapport à un phénomène.

Quant aux remarques concernant le futur du hip-hop, le dernier paragraphe de cet article précise mon propos, qui n'engage que moi, et qui voit, dans les formes artistiques poussant à droite et à gauche dans le monde, une validation de l'esprit hip-hop : ouverture, danse, fun, expression corporelle ou dépassement de soi... entre autres. Kwaito, baile funk, kuduro, sanza...Ces formes traditionnelles / héritées ou réhabilités se mêlent aujourd'hui aux beats qu'on considéraient comme hip-hop il y a peu, et là est peut être le futur : les expressions du métissage de différentes subcultures...Car si je vais plus loin que toi, au final, les premières block parties n'avaient elles pas lieu dans le spanish harlem des sixties? Et le Mambo dans tout cela? Ne remonterions nous pas aux fêtes de rue des années 1950? Ou aux fêtes des zoot d’encore plus tôt dans le siècle ? A mes yeux la question n'est pas là, même s'il est important de s'y pencher. L'article n'était pas destiné à rentrer profondément dans le détail, mais plutôt à apporter un éclaircissement. Au plaisir d'en discuter en tout cas ! Lucas
coshmar dj 16.06.09
bjr,

C'est comme meme assez triste (venant d'un site que je pensais respectable)de constater que vous realisez un article, dans le cadre d'une action commercial d'un industriel italien, traitant des origines du Hiphop .

D'autant que je precise que l'origine du "Hiphop" existe depuis bien plus de 30ans. En tout cas, ce qui est sur,a en croire les archives de 1520 Sedgwick, les premieres block party date au minimum de 1973. Donc si je sais encore compter, et si je ne m'abuse nous sommes en 2009 : 2009-1973 = 36 annees.

J'avoue je suis pointillieux... mais essayez donc de faire du travail precis, si il s'agit d'eduquer les jeunes et les moins jeunes....Seul la qualite compte et non la quantite!Le plus paradoxale, c'est que l'espace n'est pas un facteur reel a prendre en compte pour un article sur le web...

Afin d'avancer concretement je finirai par une question : Ne serait il pas, enfin le temps de s'occuper du futur du HIphop, plutot que de revenir sans cesse sur son passe? En même temps si on ne connais pas bien son passe, on ne pourras pas jouir pleinement de notre futur!


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coshmar dj!you know me!

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