Wild War l'avait fait, c'est donc un hommage et une façon de relancer un peu l'idée.
Je propose que ceux qui veulent, partagent ici leurs expériences et nous racontent les bons, comme les mauvais moment passés à peindre.
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2001, j'ai alors 16 ans. Un soir d'automne, j'appelle mon pote du lycée et lui propose une petite session dans Paris.
J'habite encore chez mes parents, cela fait 2 ans qu'ils ne sont plus dupes à propos de mes activités nocturnes. Ils ne tolèrent pas, je me prends des roustes, mais trouve malgré tout encore le moyen de sortir en cachette, je suis animé par la fièvre de vouloir en être moi aussi.
Minuit, mon ami entre.
Nous comptons nos bombes achetées la veille chez All City. Le joint passe, nous reparlons de l'embrouille qui a eut lieu quelques jours auparavant entre notre bande du 18e et une tête connue du graffiti, sacrée dépouille.
Un marqueur fuit, l'encre dégueule et une trace de Corio de la taille de mon poing vient marquer de son sceau ma moquette.
1h30, l'heure de partir.
Nous enfilons nos manteaux, le froid s'est installé depuis quelques semaines, l'été est maintenant derrière nous.
Nous commençons par le quartier tout en prenant soin de ne pas toucher aux stores des commerçants Pakistanais. Courageux mais pas suicidaires, finir notre nuit la main tranchée dans une cave ne fait pas parti de nos plans.
Nous nous dirigeons ves Stalingrad, Jaures, descendons le Canal St Martin, nos inscriptions n'ont épargné aucun mur. Quelques mecs de la cité voisine, la Grange aux Belles, nous abordent et nous disent qu'ils aiment ce que nous faisons mais que si l'idée de toucher à leurs batiments nous vient, alors ils nous tueront. Peu importe, ça n'est pas notre destination, nous allons à République.
3h00, arrivée à République.
La place est vide, à peine quelques voitures qui nous rappellent que nous ne sommes pas seuls, mais c'est tout comme. Les stores du Bd Beaumarchais s'offrent à nous.
Un, puis deux, quelques regards jetés en arrière furtivement, toujours personne, décidément le froid à quelque chose de bon.
Alors nous relachons la pression, faisons les oufs, une boulangerie fait son apparition et nous nous ruons dessus. Sur les vitres dégoulinent l'encre de nos marqueurs, c'est la punition et plus rien autours n'a d'importance hormis le forfait que nous sommes entrain de commettre.
Sauf que, pris dans l'action, nous n'entendons pas les pas des Robocops, et c'est une main sur mon épaule qui me sort de ma transe, je comprends alors qu'il est trop tard et que la dernière option qu'il me reste avant de me voir menotté est la fuite.
Ni une ni deux, je pousse l'agent et me mets à courir comme un dératé dans la première rue, j'ai quelques mètres d'avance , bifurque et prends l'angle d'une autres rue.
Miracle, un camion est devant mes yeux.
Essoufflé, je me glisse sous le mastodonte de métal et attends quelques secondes, la tête engoncée dans mon manteau, priant pour finir ma nuit dans mon lit une place chez mes parents chéris et me fais la promesse de ne plus leurs désobéir.
Mais j'entends leurs pas qui approchent, putain comment savent ils que j'ai pris la rue perpendiculaire ?
Une pause, un oiseau vole, j'arrête de respirer, tout est en suspension...et une douleur intense me fait hurler. Les coups de matraques pleuvent sur mes tibias !! Quel abrutis je suis, je n'avais pas fait gaffe que mes jambes depassaient du camion !!
Je suis tiré par les forces de l'ordre, un peu bousculé jusqu'au fourgon avec les remerciements du chef ; " tu nous as fait courir salopard "...ce à quoi je réponds instinctivement " Ca n'est pas votre job ? "
Nous sommes emmenés au commissariat central du 3e arrondissement, celui collé à la boite de nuit Gay à la réputation sulfureuse " Le Dépot "...
Menottés dans le camion, une crise de rire nous prends à la vue des petits palmiers jonchant l'entrée du club et du commissariat, on ne peut s'empecher de pouffer devant cette cohabitation peu banale. Tout est foutu, nous allons nous faire botter le cul par nos parents, mais nous rions comme des malades, les néons violets du club éclairant nos visages et nous plongeant dans une atmosphère surréaliste.
Nous passons directement aux aveux; dégradation, délit de fuite...
Je prends cher mais je décide de faire de l'humour quand le brigadier me demande si nous avons pris des substances illicites.
" seulement du Crack monsieur l'agent ".
Le mec est sympas, il rit avec nous et finalement nous laisse repartir tout de suite, avec nos sacs à dos remplis de bombes !
Après quoi, nous avons pris le chemin du retour vers la maison, sans oublier de taguer jusqu'à la derniere goutte d'encre.
