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Auteur Fil de discussion: " Enquête sur le marché du nettoyage de graffitis " - Le Monde 19.01.05  (Lu 2452 fois)
Werner Von Bohr
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« le: Janvier 24, 2005, 04:35:43 »

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SNCF  : une enquête sur le marché du nettoyage de graffitis
LE MONDE | 19.01.05

Un avocat est mis en examen pour "corruption et trafic d'influence".
Saisie d'une banale affaire de conflit du travail chez l'un des prestataires de la SNCF, la justice a étendu ses investigations vers des soupçons de corruption au sein de l'entreprise ferroviaire. Les faits portent sur le marché de nettoyage des graffitis. La société incriminée, Euronettoyage, et son dirigeant, Albert Ruimy, sont poursuivis pour avoir versé des fonds à un responsable de la SNCF chargé des appels d'offres.

Dans un premier temps, le parquet d'Evry (Essonne) avait ouvert une enquête préliminaire pour "vol de brevet" à la suite d'une plainte déposée par un salarié qui dirigeait sa propre société de nettoyage avant d'être embauché par M. Ruimy. Mais peu à peu sont apparues des interrogations sur les conditions dans lesquelles Euronettoyage, petite structure située à Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne) offrant des prestations à forte valeur ajoutée, gérait ses relations avec la SNCF. Les éléments ont été transmis au parquet de Paris (compétent pour ce type de délit) qui a ouvert, le 2 juillet 2004, une enquête pour "corruption et trafic d'influence".

Dans ce dossier, le juge parisien Armand Riberolles a également mis en examen, vendredi 14 janvier, pour "corruption et trafic d'influence" l'avocat parisien Sylvain Maier, soupçonné d'avoir prêté main forte au dirigeant d'Euronettoyage pour obtenir le marché antigraffitis. L'épouse de M. Maier, magistrate au parquet de Nanterre, a été entendue par les policiers avant d'être mise hors de cause.

"UN PIÈGE"

La présence de cet avocat, l'un des conseils de la Côte d'Ivoire, défenseur, entre 1989 et 2000, de nombreux opposants ivoiriens aujourd'hui à la tête du pays dont l'actuel président Laurent Gbagbo, donne à ce dossier un relief particulier. Ancien conseiller juridique, M. Maier apparaît depuis quinze ans dans des univers très divers, politique, financier, associatif, et figure à la tête de plusieurs sociétés commerciales. "On me reproche d'être ami avec mes clients, a-t-il expliqué au Monde. Je n'y peux rien, j'ai rendu service à tant de gens..."

M. Maier aurait, selon la justice, conseillé à M. Ruimy, l'un de ces amis, de libeller un chèque au nom de son interlocuteur de la SNCF. Selon les dires du bénéficiaire, corroborés par l'un de ses collègues, 35 000 euros, dont une partie en chèque, auraient été versés pour obtenir le marché antigraffitis. Des rencontres auraient eu lieu au cabinet de l'avocat. En vain, car ce contrat été attribué à une autre société.

Devant le juge, M. Maier a démenti cette version et indiqué qu'il avait été informé par M. Ruimy d'une demande de "prêt" de la part de cet agent de la SNCF dans le cadre de "l'achat d'une maison en Bretagne". "Il est clair que cette demande était liée au marché, a expliqué l'avocat au Monde. Et j'ai, en effet, suggéré de faire un chèque, mais c'était un piège pour démontrer l'existence des pratiques corruptives à la SNCF que nous avons dénoncées dans un courrier au président de l'entreprise".

M. Maier dit avoir mis M. Ruimy en relation avec le service des appels d'offres, via l'un de ses contacts "membre de la direction de la SNCF". "M. Ruimy avait un procédé antigraffitis d'avant-garde qui était systématiquement écarté par la SNCF, il ne comprenait pas pourquoi", a-t-il ajouté.

Interrogé par Le Monde, l'avocat de M. Maier, Me William Goldnadel a déclaré que "ce dossier ne tenait ni en droit ni en fait et que le principal défaut de -son- client était sa qualité d'avocat".

La SNCF, pour sa part, a assuré ne pas savoir si certains de ses agents étaient poursuivis mais a confirmé avoir "été sollicitée par les policiers sur les liens" qu'elle entretenait avec Euronettoyage. "Les derniers contacts commerciaux que nous avons eus avec l'un des membres de cette société sont anciens, a affirmé un représentant de l'entreprise. S'il est avéré que certains ont fauté, ils seront sanctionnés."

Jacques Follorou

• ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 20.01.05

http://www.lemonde.fr/web/recherche_articleweb/1,13-0,36-394811,0.html

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