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TTC / Game Over'99/Trop FraisSortie : 01/1999 En 1999, alors que les français attendaient dans l?inquiétude l?éclipse ou la fin du monde, d?autres préféraient transformer cette angoissante attente de l?apocalypse en orgie 100% hip hop. Ils se nommaient déjà Teki Latex, Cuiziner et Tido Berman, avaient aiguisé leurs flows et leurs rimes sur de nombreuses mixtapes, et avaient assez de mordant et de fraîcheur pour passer l?Armaguedon sans trop d?encombre. Leur Anti Virus, avaient pour nom "Game Over?99", un EP deux titres auto produit, qui avec ?Les Rues Electriques? de La Caution peut être considéré, 3 ans après, comme la pierre angulaire, de ce que l?on appelle la nouvelle scène du rap français. On y retrouve en effet cette prise de risque créative tant au niveau des textes que des instrus, ce refus de la facilité et des samples maintes fois rabachés, un rap drôle sans être bouffon, décomplexé et jubilatoire. En effet, ce qui a très tôt démarqué TTC de ses concurrents ce sont ses productions, Flash Gordon (Aka Mr Flash) y fait déjà preuve d'une classe sidérante, en ponctuant l?instru de Game Over 99 de samples de Tetris et de Mario Bros, pas besoin de Paco Rabane pour connaître le destin de l?ex-producteur attitré de TTC. De son coté Dj Fab, pour Trop Frais, rythme son instru d?angoissants violons, et si on est loin de l?originalité d?un Flash définitivement hors concours, la production du Dj de la Caution, par ces multiples temps/contre temps met à mal notre pauvre nuque. Au niveau texte, c?est une autre souffrance qui guette l?auditeur, car il faut avoir le c?ur bien accroché, un second degré bien affûté, pour ne pas éteindre sa platine. Entre les phases porno d?un Tekilatex au meilleur de sa forme (ses pratiques sexuelles avec sa boulangère et sa passion pour le lesbianisme sont désormais légendaires), les rimes faussement gangsta d?un Cuiziner encore en apprentissage (son "checke ça, sale pute! " est LA punchline de Game Over?99) et Tido Berman au flow technique et aux textes déjà bien obscurs, l?auditeur se retrouve face à trois rappeurs aux styles si différents, que l?écoute de ces deux morceaux en devient vite déconcertante. L?auditeur a comme l?impression d?être manipulé. Comme si à chaque couplet, il devait redoubler d?attention, ne pas se laisser amadouer par le flow si particulier - mélange inédit entre une voix qu'on croirait passée sous hélium et celle de Casimir - d?un Tekilatex mélangeant adroitement phases rappées et passage chantés (l?enfantin et pervers ?Lèves les mains en l?air pendant que j? manipule tes nichons?.), ni se laisser endormir par la nonchalance de Cuizinier, ou se perdre dans les méandres textuels de Tido. Mais c?est dans cette façon si particulière d'écrire et de rapper que sont arrivés les premières critiques : rap de clown ou jeunes branleurs à la recherche d?une street crédibilité. Détesté ou au contraire porté au nu, TTC ne laissait déjà pas indifférent. Alors que beaucoup n'avait que le mot "rap conscient" à la bouche, ce premier maxi de TTC dynamitait les formalismes avec ingéniosité, tel un cheveu sur la soupe du rap français. [14.03.03] http://www.90bpm.com/ |