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TTC / DANSER


Label : Big Dada
Sortie : 01/2003

Dernière ligne droite avant la sortie de "Ceci n?est pas un Disque", et pour ne pas trop faire attendre un public qui a déjà vu de nombreuses fois la sortie de l?album repoussée, TTC sort Danser Ep. Un dernier maxi, qui n?a rien à voir avec un anecdotique amuse gueule, composé de fond de tiroir de l?ancienne mouture d'un l?album remodelé. Loin de là on sait depuis leur début, que chaque sortie maxi de TTC, est un voyage aussi envoûtant qu?imprévu dans les méandres de leurs cerveaux, cet Ep confirme encore une fois cet état de fait.

Le maxi commence par le tubesque et très dance floor "(Je n?arrive pas à) Danser" produit par Tido. Une instru composé d?une boucle crade de film porno et d?une affolante bassdrum, rythmant un morceau qui devrait nous faire bouncer jusqu?au bout de la nuit. Une bombe qui permet aux 3 membres de TTC de véritables acrobaties lyricales, utilisant chacun, l?étendu de son talent et de son flow, pour construire une véritable rythmique. Avec mention spéciale pour Cuiziner, véritablement hallucinant, ralentissant ou accélérant à l?envie, collant avec perfection au beat (Ceux qui aiment Freestyle Fellowship jubileront!). Rajoutez à cela un refrain entêtant et une vidéo débridée réalisée par Kim Chapiron et vous avez à faire à l?un des meilleurs morceaux de l?album, servant d?habile présentation au groupe.

Pour présenter le petit monde de Tido Berman, rien de mieux qu?un petit solo du plus obscur des lyricistes du trio. Si la nuit est "D?une Clarté rarissime" comme l?annonce le titre du morceau, son texte reste lui d?une confusion habituelle.

Rien de péjoratif à cela, mais son écriture est en effet si alambiquée, ses images si déroutantes, et ses assonances si inédites comme il l?avoue lui-même, que chaque texte de Tido est comme une excursion dans la partie la plus mystérieuse de son inconscient. Accompagné à la production par Nikkfurie (La Caution), c?est donc un Tido possédé par son écriture, exalté par ses phases, qui nous propose de le suivre dans ses aventures nocturnes, un voyage dont on ne revient pas intact, hypnotisé par le flow de Tido et par l?instru d?un Nikkfurie toujours aussi talentueux pour créer d?impénétrables ambiances.

Pour finir TTC, nous offre une dernière coupe de « Champagne sans Bulle », pendant sérieux de morceaux comme « Toi » ou « Toi-même ». Sur une instru singulière composée d?une entêtante flûte et d?un discret son de guitare électrique (guettez le foudroyant solo) d?un Mr flash toujours surprenant, TTC nous propose une critique plus qu?acide du monde sans pitié des maisons de disque. Un monde où les « « artistes » » se prostituent pour quelques Euros de plus, vendant leurs âmes à de gros pimp sans foi ni loi. Un texte qui va pourtant à contre courant des idées reçues : ici les pseudo chanteurs ne sont pas des victimes toutes désignées, mais plutôt, les artisans de leurs propres chutes. On retiendra la pertinence du refrain de Cuiziner : « T?es devenu la pute de ta maison de disque/tu fais rentrer la thune sans prendre de risque/ T?es devenu la pute de ta maison de disque/tu bâtis ta carrière sur la honte et le vice ». Un morceau qui par son sujet rappelle le très beau « Plus d?Feeling » de Rocé.

Avant la sortie de l?album, "Danser ep", servira à convertir ceux qui doutent encore de la versatilité de leurs écritures. Créateurs d?ambiances, sombress ou festive, TTC alterne habilement les climats, donnant à chaque nouveau maxi, toujours plus de relief.
[14.03.03]


http://www.90bpm.com/