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Jay-Z / Fade to black (DVD)


Label : Def Jam
Sortie : 01/2005

En novembre 2003, deux semaines seulement après le lancement du dernier album de sa carrière, Jay-Z donnait un concert évènement au Madison Square Garden. Du jamais vu ou presque : enfin le temple des Knicks s’ouvrait au hip-hop, après des décennies de disette. Jay-Z, alors au sommet de son art, allait « achever » sa carrière de manière mémorable. Et le mot est faible, vraiment.

Un lieu mythique, jusqu’alors fermé aux rappeurs, même les plus prestigieux. Des dizaines de milliers de places vendues en deux heures. Beyoncé, Mary J. Blidge, R. Kelly, Ghostface Killah, Foxy Brown, Memphis Bleek, Freeway, Beanie Sigel, Pharell Williams & tant d’autres un même soir, sur la même scène. Tous venus pour la même personne. Qui donc aurait pu réaliser un tour de force de cette envergure à part Jay-Z ? Non personne, lui seul avait le charisme, les épaules, le talent et le pouvoir de faire de cette soirée un évènement mythique, qui fera date dans l’histoire du mouvement.

Si on ne connaît pas bien l’artiste, les mots peuvent paraître pompeux. Mais comment décrire autrement ce show au casting vertigineux, véritable hommage à la carrière d’une légende vivante du rap ?

Et pour donner encore plus d’amplitude au spectacle ce sont ?uestlove et les Illadelphonics qui furent chargés de rejouer en live tous les classiques de Hov’. De Dead Presidents à December 4th en passant par H.I.Z.ZO ou Ain’t No Nigga, aucun des tubes de Jay-Z n’a été oublié. Bien entendu, toutes les personnes ayant contribué au succès desdits titres ont pu performé aux côtés de Jay. Et quel plaisir de voir Mary J. Blidge chanter sur Song Cry, ou pour l’inoubliable Can't Knock the Hustle…

Evidemment, le Black Album eut la part belle ce soir là. Le « dernier album », fraîchement mis en bac à l’époque, époumona tout de même l’assistance entièrement conquise ; Encore et December 4th fermant le bal de manière épique.

Mais au-delà d’un concert incroyable, ce sont les scènes de making-of du Black Album qui constituent les meilleurs passages du DVD. Malheureusement trop courts (une bonne demi-heure en contant la scène coupée du mastering, disponible dans les bonus), ces moments ne pourront laisser de marbre personne. Comment ne pas esquisser un sourire lorsqu’on voit Jay-Z ébahi devant la prod’ de Dirt Off Your Shoulder qu’exhibe fièrement un Timbaland hilare ?
Comment de pas rêver d’être à la place de Shawn Carter lorsqu’il enregistre chez Rick Rubin 99 problems ? Impossible, non, de ne pas reconnaître le talent, mieux, le génie, de celui qui n’écrit pas ses rimes et rappe de tête, à l’image de son mentor Notorious Big…

La mémoire de ce dernier sera honorée, lors d’une autre scène grandiose où des milliers de spectateurs lui rendent un hommage tonitruant, précédant ceux rendus juste après à Jam Master Jay, Big L, Aaliyah, Left Eye et Tupac. Notons que tous les bénéfices engrangés ce soir là sont allés à la fondation Christopher Wallace.

Techniquement parlant, rien à signaler. L’image est belle, les nombreuses caméras présentes le soir du show permettent d’avoir les meilleurs angles de vue possibles, ainsi que des shoots insolites tirées des coulisses... Comme Slick Rick dotant Ghostface de blings-blings plus énormes les uns que les autres, avant que ce dernier n’aille donner la réplique à Beyoncé sur Summertime. Le son ne souffre lui non plus d’aucun point faible, et les spectateurs ne parlant pas anglais pourront même avoir droit à des sous-titres dans la langue de leur choix. Les subs français, sans être parfaits, remplissent leur rôle comme il faut.

Bon, tout n’est pas parfait non plus : on aurait aimé plus de documents sur la conception du Black Album, des commentaires moins « gnangnan » de Jay-Z sur cette soirée ou encore des interviews plus poussés de certains protagonistes. De plus, Jay-Z n’est pas une « bête de scène » et certains passages peuvent paraître légèrement mous. Mais ce ne sont que des détails qui ne gâchent en rien le plaisir de visionner ce concert unique, historique même selon les observateurs. Car même si la présumée retraite du nouveau boss de Def Jam ne semble être qu’une trêve de quelques mois, on imagine difficilement Shawn Carter organiser à l’avenir un évènement aussi grandiose que celui-ci. Mais qui sait, avec Jay-Z on peut s’attendre à tout…


[27.06.05]


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