Label : Koch/ In the paint Sortie : 01/2002
Et pourtant beaucoup d'entre nous ont cru en ce disque, et ce grâce à son excellent premier single éponyme : Killa Beez qui brille surtout de part une production efficace signée RZA et un couplet d'Inspectah Deck toujours en forme qui apporte du rythme au morceau. Vient ensuite le plaisant Out Think Me Now de Solomon Child (qui a fait quelques apparitions dans l'univers du Wu notament sur The Pillage de Cappadonna ou The Genuine Article de Remedy) dont l'intérêt principal réside dans l'instru typiquement wutanguiennne (une boucle constituée d'un piano désaccordé).
Toujours au chapitre des bons moments que nous réserve cet album on retrouve Killarmy, qui confirme son rang de meilleur groupe "wu-fam", PR Terrorist et ses compères se servent de l'énergie, la sponténéité et la hargne qu'ils dégagent pour donner un regain d'intéret à The Sting, la production signée 4th Disciple est irréprochable, les hurlements de loup de Dancing With Wolves constituent incontestablement LE temps fort de cet album. Shyheim tire également son épingle du jeu avec un When You Come Home inspiré.
Le reste des morceaux parsemant le disque oscille entre l'exécrable, l'insignifiant et... la West Coast! L'exécrable tout d'abord avec l'inaudible Doe Rae Wu où ODB reprend tant bien que mal la comptine "Frère Jacques" en guise de refrain, c'est un tel massacre qu'écouter ce titre deux fois relève de la psychiatrie. L'insignifiant avec Take Up Space (où l'on retrouve Solomon Child cette fois ci accompagné de Lord Superb) qui est classique et sans intéret. Enfin la West Coast est présente sur tous les titres restants, que ce soit au niveau des productions (le plus souvent médiocres) assurées pour la plupart par RZA ou au niveau des thèmes abordés (femmes, drogue, fric, etc...), ceci étant certainement dû à l'omniprésence des Black Knights de Los Angeles sur ces morceaux...KB Ridin' du Wu Tang Clan sert, quand à lui, de bien belle conclusion tant l'ennui que l'on peut éprouver en l'écoutant résume à merveille l'impression laissée par The Sting.
La où The Swarm avait révélé de nouveaux talents et avait séduit de part son homogénéité et sa cohérence (sans pour autant marquer les esprits), The Sting ne fait que confirmer les capacités de personnes qui ont déja maintes fois fait leurs preuves (Killarmy, Shyheim, 4th Disciple) et péche par un manque de consistance flagrant et par la médiocrité des artistes en eux mêmes.
RZA aurait dû savoir qu'à force de jouer avec des abeilles on finit toujours par se faire piquer.
Chroniqué par Mc Pouet pour 90bpm.com [20.03.03]
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