Label : XL Recordings Sortie : 01/2004
Loin d'avoir acquis la notoriété de Dizzee Rascal, Wiley n'en est pas moins une référence en matière de U.K hip-hop; ses productions acides, ou ses multiples apparitions sur mixtape en ont fait l'artiste anglais le plus attendu cette année. Et il ne pouvait pas mieux satisfaire nos attentes qu'avec un premier titre assassin: "The game" dont les 16 premieres mesures nous laissent apprécier, d'une part, la production bouillante mélant de grosses basses énergiques (le beat est d'ailleurs trés "dirty south") et une sonorité experimentale melodique s'apparentant à une "guitare électro",et d'autre part les talents vocaux de Wiley adoptant un flow rapidement "bounce", multipliant les excercies de style, relâchant parfois la pression ou sacadant ses paroles. La touche de ces sacrés jeunes anglais c'est aussi cet esprit nonchalant mélé d'humour: Wiley rappelle sur ce titre qu'il s'est introduit dans le biz de la musique, et compte bien tout rafler...probable car Wiley a la recette; "Pick yourself up" ou "Wot do u call it" sont de véritables tubes Grime..."Wot do u call it", à la production magistrale boostée aux BPM survolte Wiley qui nous sert sûrement les meilleurs couplets de l'album,(expliquant qu'il est bien loin du 2step), et devrait logiquement enflamer tous les dancefloors garage U.K!!
Des titres instrumentaux tels "Ezkimo","Ice Rink" ou "avalanche", parfois deglingués,lui permettent d'explorer des territoires plus planants, plus mélodiques mais toujours mélés à des sonorités trés dures. Succédant au sublime "Avalanche", trés doux, "Reason" place définitivement cet album comme une des meilleures surprises de l'année, une trés belle mélodie se déclinant,un beat énergique, un flow régulier et des breaks savamment placés...jouissif. Un seul titre est à mettre de côté sur cet album, "What i need" dont la boucle de trés mauvais goût et un thème de l'amour presque niais, ne peuvent que contraster avec la qualité omniprésente dans cet album.
Apres Dizzee Rascal, c'est Wiley qui confirme que le Rolldeep est un réservoir à talents. Avec un album se placant presque à la hauteur d'un "Boy in da corner" révolutionnaire, le grime anglais n'a pas fini de nous épater.
Chroniqué par DoudZz pour 90bpm.com [12.05.04]
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