Label : Mush Sortie : 01/2003
Ayant mis les gros moyens à l' image du mixe hi tek et de l' emploi d' instrumentistes pro, Villain accelerate n'en a pas délaissé le lo-fi pour autant dès le tonitruant (un peu facile diront certains) "Table of context" et son effet larsen au milieu des nappes stridentes et pieds-caisses claires finis par P-Love (Tableturns Montreal). Le début cinématographique est d' ailleurs représentatif du calme malsain et minimaliste qui habite l'album, avec les craquements et autres parasites de "Laurels canyon" ou "Wooried look", le delay renforçant cette impression de malaise. La suite est comme les deux morceaux précités beaucoup moins instantanée, l'instrumentation acoustique donnant dans le lounge tantôt appréciable ("Things told"), tantôt soporifique ("Herd whispers") malgré la présence de P-Love dont on sent l'influence de Kid Koala dans le découpage des mélodies, inspiré d'ailleurs comme ce dernier par son background de jazzman. Mêlée aux distorsions analogiques à la Mr Oizo, l'instru planante de "Postcards" et ses basse/rhodes joués live mettra elle tout le monde d'accord. Construit sur le même schéma mais à un moindre rendu, "Surgery" fait partie de ces tracks mystérieux, qualificatif qui pourrait caractériser l'album, dont on citera les sirènes et piano désaccordé de "Cracktivity", les notes digitales de "Revisit" sur fond de nappes shadow-esques ou encore la mélodie glaciale de "Verify" qui tranche avec sa texture de beat. Mush était définitivement le label hiphop à suivre en 2003.
Chroniqué par Sker pour 90bpm.com [05.02.04]
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