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Timbaland & Magoo / Indecent Proposal


Label : Blackground
Sortie : 01/2002

Tim Mosley est né en effet en 1972, l?ancien homme à tout faire du groupe Jodeci ou il fait ces premières gammes, décroche très vite le gros lot par le biais d?un "Pony" produit pour son premier poulain: Ginuwine, très vite il se crée un pool d?artistes, plus que des artistes d?ailleurs, de véritables amis content de recevoir des productions taillées sur mesure pour plaire à la fois au plus grand nombre tout en faisant l?unanimité dans l?underground. La raison de ce succès est aussi simple que sont complexes ses rythmiques : un savoir inimitable du beat et du décalage savant des bass drums et de caisses claires, faisant de ces rythmes saccadés un pont entre la jungle anglaise et la RnB la plus soul, une science de la bass, parfois gonflée, souvent sinueuse, toujours envoûtante. Ce cocktail fait de Timbaland un sorcier du son, capable, à l?aide de ces machines, de fabriquer des bombes à la chaîne.

Que nous réservait donc Timbaland ?A vrai dire l?intro fait un peu peur, voix gueulante de DJ S&S sur une production à la Swizz Beats, on a plus envie de fuir que de bouger ces cheveux sur ce premier son pas mal toc. L?erreur aurait d?avoir appuyé sur la touche stop de son lecteur, car si sur l?intro de "Drop" la voix y est toujours aussi gueulante ainsi que sur le refrain ce premier morceau se laisse véritablement écouter (la complicité entre Timbaland et Magoo y est pour beaucoup mais cela reste cependant très convenue), la vrai surprise se trouve à la 4ème minute où apparaît dans nos enceintes une sorte de beat de house légèrement ralentie où les voix combinées à une basse entêtante nous plongent doucement en hypnose. Un état qui disparaît vite car voilà le tour de la bombe dancefloor de l?album, le fantastique "All y?all", tuerie absolue, qui malgré une simplicité dans la production, (on ne trouve pas une rythmique saccadée comme à l?accoutumé) réussit malgré moult écoute à ne jamais lassé l?auditeur, il faut peut être trouver la recette de cette quasi perfection dans le savant dosage et assemblage des voix, dans la boucle japonisante qui construit le morceau ainsi que dans un refrain susurré par la délicieuse voix d?Aaliyah, ou plutôt de Tweet, la différence de timbre entre les deux égéries de Timbaland y est quasi nulle?

Après ça, difficile de faire mieux, on va même à trouver "It?s your night" comme légèrement pompeux , seul le skit de fin de morceau et son ambiance « drague de fin de soirée en discothèque » accompagné d?un ego trip, thème omniprésent dans l?album d?ailleurs, nous sort de notre sofa. Pour rester sur le dancefloor, Timbaland, associé pour l?occasion à Static of Playa, à d?ailleurs pris les gros moyens, "Indian Carpet", son piano sautillant, ces ch?urs et son refrain un brin grandiloquent et voilà l?auditeur en plein conte des 1001 nuits, un vrai dépaysement. Pas le temps de vous rasseoir, et Jay Z a déjà pris le micro, même si la production, au premier abord ressemble à "Nigga who, Nigga what" morceau produit par Timbaland pour l?autoproclamé King of NY sur l?album "Hard Knock Life". Ici "Party People" diffère complètement dans la deuxième partie du morceau; guitare, charley plus appuyé, beat décalé et l'absence de Jay Z, dommage car Twista est bien fade à coté du pote de Nas. Fade c?est le contraire de "People Like Myself", l?assemblage voix+rythmique+sample atteint y ici son paroxysme, morceau ultra carré, il dégage un tel sentiment de concentration et de précision qu?il en est totalement hypnotique ce qu?y en fait l?un des meilleurs morceaux de l?album.

C?est d?ailleurs après ce morceau que les problèmes arrivent, les 4 tracks avec Petey Pablo, nouvelle découverte de Timbaland et probable prochaine signature de Beat Club, sont plus que décevants, on a la vague impression que Timbaland s?auto parodie donnant une sensation de recyclage aux productions: serait il déjà en panne d?inspiration? On sortira du lot l?agréable "Love me" sauvé par la voix de Tweet et par différents trucages sonores qui empêche le morceau de donner dans le mielleux, pour le reste on repassera, direction plutôt l?exotique "In Time" et le ténébreux "Beat Club", sorte de présentation un brin ego trip de son label.

L?album se clôture magnifiquement "I Am Music", est plus qu?un simple morceau, il semble résumer la nouvelle orientation de Timbaland, lui valant presque le surnom de Quincy Jones du XXI ème siècle. Ce morceau à première vue RnB est un véritable bijou néo-soul voire pop. Eurythmie des voix, harmonie des sons, si la deuxième partie de l?album pouvait décevoir la présence posthume de Aaliyah quoique émouvante est balayée par la perfection du morceau. Ce coup de maître vaut à lui tout seul l?achat de l?album et repousse toute crainte sur le futur du monsieur. Car le destin de Tim Mosley n?est sans doute plus uniquement le rap, la collaboration récente avec Beck en est le plus pertinent exemple, Timbaland se veut être un producteur de Musique, plus un producteur de rap.
[20.03.03]


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