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Talib Kweli / Quality


Label : Rawkus
Sortie : 01/2002

Première constatation, cet album sonne nettement et malheureusement plus mainstream qu'à l'accoutumée chez ce poète de Brooklyn. Des producteurs (Ayatollah, Soulquarians, Megahertz) en demi-teinte ainsi qu'un choix assez " radio-friendly " (Kanye West, DJ Quik, Dj Scratch) handicapent la qualité de cet opus. Ce qui peut paraître surprenant lorsqu'on sait que T.K. a collaboré à maintes reprises avec des beat-makers tels que DJ Spinna, 88Keys ou Hi-Tek.

Cet album est simplement la preuve que Kweli est devenu un artiste désormais reconnu et qu'il n'appartient (déjà ?) plus à l'underground. La présence de DJ Hi-Tek n'aurait ici aucun sens vu que Talib nous sert son solo. Mais force est de constater que la présence de la deuxième moitié de Reflection Eternal, même au niveau d'un Lyricist Lounge Vol.2, aurait sûrement blackboolé la moitié des prods présentes sur ce LP. Le constat est le même que pour les dernières sorties Rawkus : des instrus velléitaires. Si vous vous attendiez à la même vibe qu'un BlackStar, passez votre chemin. Il semble que Kweli se soit égaré en essayant de garder son noyau dur de fans (on en fait parti) tout en essayant de plaire à tous; Kweli part dans l'égotrip sur "Rush", nous sert un party anthem mou du genou avec Bilal (Waitin for the Dj), rappe thug sur "Gun Music ", censé dénoncer le port d'armes, péché mignon outre-Atlantique tout en invitant Cocoa Brovaz (anciennement Smif-N-Wessun), collabore avec Dj Quik sur le mauvais "Put it in the air". Même l'ambiance nu-soul des Soulquarians est trop nonchalante et paraît décalée avec le contenu de l'album. Et on regrettera que le Rocafellien Kanye West ne sorte pas sa meilleure production pour le trio Black Thought, Pharaohe Monch et Talib Kweli sur "Guerilla Monsoon Rap".

On se rattrapera quand même avec "Good to you", "Won't you stay" ou" Joy " qui invite au refrain, Mos Def la deuxième moitié de BlackStar sur une production d'Ayatollah. La joie d'être papa motive TK a nous abreuver de lyrics brillants, profonds et réfléchis comme sur "The proud". Il nous faut d'ailleurs attendre la deuxième partie de l'album, notamment grâce à l'interlude Jay Dee pour retrouver le vrai Talib Kweli. J-Dilla nous épaule de 2 tracks sublimes sur lesquels TK pose ses meilleures rimes de l'album. " Where Do You Go " est un hommage à Weldon Irvine, illustre pianiste ayant collaboré avec de multiples artistes hip-hop/jazzy. L'émotion est palpable, lorsque Res et TK unissent leurs voix pour un dernier adieu. L'alchimie voix/instru fonctionne également sur " Stand To The Side ", où l'on retrouve un Kweli poétique et une Vinia Mojica fidèle à elle-même, y allant même de son couplet (nous rappelant " Anything Is Possible " avec DJ Mehdi).

Peut-être est-ce la nostalgie des grandes heures de Black Star et de Reflection Eternal qui prend le dessus mais cet album nous laisse vraiment sur notre faim. Vivement le prochain album de Black Star !

[13.03.03]


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