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Svinkels / Bons pour l'asile


Label : Atmosphérique
Sortie : 01/2003

Dans la continuité du précèdent album, les Svinkels naviguent toujours musicalement entre rap et rock (même si seulement 2 titres tendent vers la fusion), un groupe inclassable et fier de son métissage sonore, qui reste surtout Punk dans l'attitude. "Ca r'commence, en route vers d'nouvelles aventures" avec nos trois soiffards accompagnés de Dj Pone qui a rejoint le collectif il y a plus de 3 ans. Les Svinks entament leur album sur un son rock, grosse guitare, histoire de présenter le groupe de façon réaliste. "Cherche pas on est toujours les mêmes, on boit d' la piquette..." Si la recette reste la même, les flows ont nettement évolué entres les 2 albums, quatre ans, c'est long et la mutation est flagrante. Le flow de Nikus Pokus est presque méconnaissable sur cet album, un ton beaucoup plus bas laisse penser a une prise d'assurance: "White trash sur ta black list, white spirit/ mais pillier comme un All Black, tous en piste!" confirme nettement cette idée! A l'instar de leur amis de Triptik ou T.T.C, ce qui frappe chez les Svinkels c'est leur originalité, ajoutée à un penchant non négligeable pour la bière, le rock, la glande et la stupidité. Les productions (majoritairement assurées par Nikus Pokus) se suivent et ne se ressemblent pas: Hip-hop et électro kitsch se mélangent pour le dansant "Le Svink C'est Chic" (produit par Planet Get Down), sûrement un des titres les plus drôles de cet album! Parodiant la variét' et plus généralement l'industrie musicale, les flow affutés des Svinks découpent littéralement le titre. A noter l' imitation de Richard Gotainer par Babaste pour le moins surprenante et très réussie!

Mais les Svinkels font bien partie de la scène hip hop francaise et affirment leur profonde admiration pour ses disciplines sur le titre "Ma musique". C'est sur cette instru résolument hip hop (gros beat et mélodie minimaliste), que les 3 rappeurs se remémorent leur découverte du hip hop et leurs débuts! Sous forme de clin d'oeil, "It takes a nation of million to hold us back" de P.E ainsi que " Licensed to ill" des Beastie Boys sont cités. Les Svinks restent des passionnés de cette culture hip hop qui prévalait au millieu et fin des années 80, ce qui explique la forte influence old school sur leur phrasés: flows saccadés pour Baste et Nikus. Quant à M. Xavier, il glisse sur le beat, se perdant presque en fin de mesure. Les Svinkels sont également remarquables par leur capacité à jouer avec les mots, à utiliser l'autodérision sans aucune réserve (Nikus), à être vulgairement incorrect (M. Xavier), ou à employer un humour crado, qui ne donne pas toujours dans la finesse (Baste) comme dans "Dizy": "Augmente le volume comme si tu t'servais d'une pompe à penis!", ou pire dans le sexy "Hard Amat'".

S'en suit le grinçant regard sur l'état de la France dans "L'internazionalle". Sur ce titre, non pas mauvais mais banal, la touche originale des Svinkels n'a pas l'occasion de transparaitre. Si la lutte contre l'extrêmisme politique n'est pas nouvelle chez eux ("Anarchie en Chiraquie" avec le groupe de punk Parrabellum), on aurait aimé qu'elle soit detournée, étant un sujet récurrent du hip hop. Comme on le savait déjà, les Svinks aiment l'alcool, la drogue, et la fête, et se devaient de le rappeler sur cet album: le comique état des Svinks en fin de soirée pour "Le plancher m'appelle" reste un des meilleurs titres de l'album tant au niveau instrumental, (guitare sèche maltraitée pour une douce production), qu'au niveau des lyrics: "Tu voudrais qu' j'parte d' ton apart' alors que j'viens d' callancher/ Imagine-toi qu' j'suis électrique et qu'là j'suis débranché!". Quand à la présence de Dj Pone, elle n'est pas facile à déceler: une apparition discrète au milieu du titre "De la came sous le saphir", une excellente démonstration en fin du titre suivant ("Ca n'sert à rien"), un refrain scratché, lui aussi très discret, sur "Ma Musique", puis presque plus rien! C'est surtout sur scène que la présence de Dj Pone prend toute son ampleur.

Le groupe nous livre ainsi un album punkadelic où le collectif prime (pas de solo), plein d'humour et de pertinence, souvent plus proche du quotidien du Français moyen que du rappeur. Sans doute un des meilleurs albums de cette année - hip-hop! - n'en déplaise aux puristes!! "Pas d'confusions,on fait pas d'la fusion à la Limp Bizkit!".
[01.12.03]


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