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Profécy / Le cri des briquesLabel : Street Trash Records Sortie : 01/2003 L'intro matrixienne et l'artwork estampillé "Buck hunters" annoncent la couleur sombre de l'album, un son gras new-yorkais à l'appui, Dj Duke aux manettes oblige. "400 ml" premier single de choix, sur une instru lourde et épique à la Necro, nous plonge directement dans l'univers dont se réclame le Galactic Thug: bienvenue dans la graffiti galaxy. Les thématiques déployées reflètent ses influences de Kool Keith à Kool G Rap en passant par Mode 2: l'industrie du disque avec le soulful halluciné "Contaminé", belle satyre mieux menée qu'un "Industrie tragédie" un peu prévisible, le "b-boying" bien sûr (un texte plus profond sur le déstructuré "Dis-leur") et plus précisément le graff. Après une interlude extraite d' un reportage TF1 à la mords moi le noeud, "Instructions basiques" est la vraie surprise, abordant le sujet sous un angle inédit, visuel et en même temps introspectif, les retrouvailles avec Kaer de l'écurie Starflam donnant lieu à un titre plus festif sur "Graffiti music pt. 2". On regrettera que le morceau "Jalousie, judas.." n'ait été abordé plus finement vu la puissance de l' instru de Duke, sans doute l'une des meilleures de l'album. D'autant plus que le mc prouve pouvoir dépasser cet état de fait avec l'apparition des colistiers de Noisy le sec: prod percutante et mélancolique aux relents de Dj Shadow en avant, l'allégorie des deux mc's de Kérozen (Nikkfurie & Saphir le joaillier) en "Vapeurs suspectes" a quand même plus de gueule que les complaintes du commun des rappeurs français: "Diplômé de l'institut des sports urbains saut par-dessus les strapontins ruiner les dépôts d' train etcétéra fantômatique j'plante les putains d'critiques avec leurs propres stylo bic" (Pro) et "Asphyxie tain d'témoin un alibi asphyxie j' bédavais des gros joints d'avoine skunk avec Aphex twin en haut d'un toboggan à Walibi" (Saphyr). On remarquera la touche de Duke sur les beats et basses qui ne souffrent pas la comparaison outre-atlantique même si l'opus n'évite pas certaines longueurs ("Qu'est-ce que tu espérais", un "44 bars" un peu trop propre, le très dispensable "Kicke ta merde 2"), le flow linéaire de Profécy n'altérant pas cela. Malgré de bonnes images et punchlines ("mon style de vie remet le tien à l'heure", "à mes yeux t'es authentique comme une coupole des 2 be 3"), l'écriture trouve hélas ses limites sur la longue durée. On espère que Profécy continuera à fouiller son univers (à l'image de "intraveineuses de krylon qui me coulent dans les veines", "course poursuite sauter par dessus les milliers de volts des rails poser son blaze au plus profond des entrailles du trome"), tout en élargissant la façon d'exprimer son imaginaire ("Trottoirs nocifs" et "Nocturne" sont traîtés avec les poncifs éculés du rap français) d'autant plus que les hits potentiels démontrent que l'alchimie entre les sons et le mc fonctionne bien. Trop inégal, "Le cri des briques" prouve néanmoins que Profécy a désormais toutes les cartes en main pour sanctifier la graffiti music. [08.12.03] http://www.90bpm.com/ |