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NMS (Big Jus & Orko) / Woe To Thee O Land Whose King Is A Child


Label : Big Dada
Sortie : 01/2003

Mais limiter cet opus à une simple attaque anti-Bush serait réducteur tant elle paraît révolutionnaire du fait qu'elle s'assimile à un catalyseur de ce que le hiphop indépendant nous offre de mieux. Ainsi, "Woe To Thee O Land Whose King Is A Child" est un des rares albums qui arrive à faire rimer froideur avec splendeur, apocalypse avec onirisme. Chaque titre s'apparente à un voyage cauchemardesque et oppressant, guidé par des compositions où chaque breakbeats qu'ils soient déstructurés avec une étonnante plasticité (le magnifique "Invisible oblivion"), accélérés, et ramassés (sur "Brave new world" et "Sleepy hollow modulation") Où chacune des mélodies, chaque note de piano ou d'orgue, chaque sample dissonant s'accordent dans un telle harmonie qu'ils paraissent avoir été crées pour émerveiller et rendre mal à l'aise à la fois. On pourrait décortiquer chaque morceau pour y découvrir de nouvelles subtilités, On pourrait étudier chaque recoin de cette débauche de mouvements multiples qui s'entrechoquent et se chevauchent.

Une antinomie harmonique semble aussi caractériser la prestation des deux mcees: d'un coté, Big Jus,déjà impressionnants sur ces 2 solos le e.p Plantation Rhymes et le formidable Black Mamba Serums, nous gratifie ici d'une prestation plus que remarquable. Son flow aigre et déclamatoire, son timbre mélancolique, sombre et accablé colle parfaitement aux compositions qu'il a crée au coté d'Orko. Big Jus fait du "off-beat" un art, une arme désarçonnante qui mêlée a des lyrics intelligents, et engagés (Woe To Thee O Land Whose King Is A Child va loin dans la critique gouvernemental et les "fuck bush" y côtoient des lyrics plus cyniques à l'instar de "super bretzel" ou de citations comme somewhere in texas a village is missing an idiot) frappe de plein fouet les Bush père et fils.
Orko "The Sycotik Alien" Elohiem un des vétérans de la scène west coast underground (il compte de nombreux albums à sont actifs Elohim Soundwave, Dreadlocks, Incense And Oils?et Atoms Of Eden sorti recemment sur Plague Language), quant à lui, s'affirme comme un mcee à la technicité incomparable. En effet, l'étonnante plasticité de son flow lui permet d'alterner des phases de rap accéléré d'une qualité sans pareil (le fantastique "Brave new world") et des phases plus calme. Tout comme Big Jus il s'adapte particulièrement bien aux mélodies cintrées, tout en maîtrisant parfaitement la rythmique pour lancer des lyrics audacieux et didactiques qui égratignent l'administrations Bush. Les 2 styles biens distincts de Big Jus et Orko Elohiem se révèlent au final complémentaire et c'est un véritable régal d'entendre le New-Yorkais et le Californien (originaire de la Georgie du Sud) railler Mr Bush?

Des Mcees, débordants de talents et en parfaite adéquation, des productions révolutionnaires et des lyrics en forme de diatribe intelligente. Il n'en faut pas plus pour faire de Woe To Thee O Land Whose King Is A Child un album modèle et marquant qui se place d'emblée comme une ?uvre phare de l'année 2003 et pose sur un piédestal Big Jus et Orko, deux artistes cultivant l'audace et l'ingéniosité. Rajoutez à cela que l'album comporte les versions instrumentales de la majorité des morceaux. Vivement le prochain opus de NMS sobrement baptisé Imperial Letters Of Protection !
[29.06.03]


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