Label : De Brazza Records Sortie : 01/2004
34 titres pour la même note d'espoir que sur le volume 1 et 2, le rap français n'est pas mort, certains villages gaulois comme Bordeaux résistent bien et confirment tout le bien qu'on pense de cette scène depuis la mixtape "Virus". On est d'ailleurs content de savoir qu'enfin D'Oz et Grems aka Supermicro sont sur le point de sortir leurs opus solo respectifs, il était temps. Un Grems multifacette, souvent drôle ("On est tous le beauf d'un autre"...sur "Le Big Deal") débitant infatiguablement une tonne de mots et de rimes à la minute, sur le même ton débonnaire et j'm'en foutiste. D'Oz alterne flow ultra haché et didactique aux accélérations (sur le "Krazy dance" de Kroniker par exemple), avec toujours le goût pour le storytelling (rappelez vous de "L'inconnu"), le récit d'ambiances et de situations à l'image de "Les jeux sont faits" avec Uzer, un des meilleurs titres de la compilation. Mention spéciale aux interludes spoken work en accapella d'un Iraka 20001, découvert aux côtés de Rodd sur le volume 1, décidément une des meilleures plumes bordelaises. Le verbe tranchant, la verve anxieuse et trés poétique. Une nouvelle école de la narration déprimée et désenchantée dans laquelle on peut retrouver également le trop rare Meurso sur fond de voice sample de Rocé et de Daddy Lord C scratchée par Dj Karz. On retrouve enfin quelques morceaux déjà sortis sur maxis comme celui de Mike "Histoire de" produit par Bengrim d'Harmonizer ou encore le morceau de Bunzen ft. Wildchild (on aurait préféré écouter la version minimaliste du japonais Dj Kazu, bien plus inspiré que pour le morceau de Féross & Vestat).
Comme pour les précédents volumes, le tracklisting comporte hélas ça et là des baisses de régimes, des morceaux qui n'échappent pas au clichés d'écriture et aux productions indigentes qu'on retrouve dans la trop grande majorité du rap français que la compilation est pourtant censée clouer au pilori. Si on reste décidément pantois devant le bagoût de Soklak et les salves de syllabes de Sept et d'Iris, on reste franchement de marbre devant les morceaux d'As Da Sauce, La K-Bine, Krazy Sïk, Ange-Lô ou encore Butagaz .
Remercions cependant Maximum Boycott et De Brazza Records d'avoir été un beau tremplin pour certains des artistes les plus prometteurs de la nouvelle scène française, trois volumes qui devraient squatter les bureaux des D.A des majors pour qu'ils se décident enfin à signer du sang neuf!
Chroniqué par Qratch Machine pour 90bpm.com [26.02.04]
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