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Kelis / TastyLabel : Virgin / Arista / Startrak Sortie : 01/2003 Car Kelis, n?y allons pas 4 chemins, aime le sexe, chante l?amour une sucette à la bouche, pose lascivement sur son livret, pas vraiment habillée, pas vraiment nue, pas du tout prude, pas du tout pute on vous l'a dit. Ainsi la belle joue à la métaphore filée, remplace la sucette à l?anis par le Milkshake, fait fondre au fond de son palais la jalousie, la concurrence "My milkshake brings all the boys to the yard/And they're like, it's better than yours", excite l?audience "What the guys go crazy for/They lose their minds", au final on ne demande qu?à tenter l?expérience. La production des Neptunes, une des meilleurs de 2003, est du même acabit, basse grasse, beat agressif. Ca sent la sueur, ça tombe bien c?est fait pour se remuer, pas uniquement pour danser. La nouveauté de ce "Tasty", c?est une présence moins importante pour Neptunes, 5 sons au total (en comptant un "Flashback" déjà présent dans les versions européennes de "Wanderland"), Dallas Austin (TLC, Pink) Raphael Saadiq (Toni ! Toni ! Toné !, Lucy Pearl) Rockwilder, le méconnu Damon « grease » Blackmann et l?omniprésent Andre3000. Kelis à besoin de prendre l?air, sortir un peu des sons des deux magiciens de Virginie. Bien lui en prend, Dallas Austin, qui à défaut d?avoir un son propre, possède une sacrée science du recyclage, transformant Kelis en star du rock énervé (le gonflé "Keep It Down") ou en icône ragga-isant (l?entêtant "Trick Me"). André 3000 est plus qu?impérial sur un "Millionnaire" lorgnant sur une techno électro made in Detroit du plus bel effet, un sommet d?ingéniosité musicale, en plus, il démontre qu?il n?est pas qu?un crooner, mais un vrai rappeur. Kelis se ballade, sur des diamants comme ça, pas besoin de pousser son talent, la dame est facile. Trop parfois, la faute peut être à Raphael Saadiq, dont on a l?impression d?entendre toujours un peu la même chose, c?est sympa, c?est mignon, c?est joli, voir presque sensuel voilà, mais Kelis sous sa pâte un peu molle devient une énième égérie nu soul, perdant quelque peu de sa folie. "Glow" et "Attention", sont sans doute les moments les plus faibles de l?album, même si le "Marathon" qui clôt l?album est plutôt réussi. Bonne surprise aussi avec le "In Public" produit par Rockwilder, qui lorgne vers le tonitruant "Light Your Ass My Fire" de Busta façonné cet été par Neptunes. Même petit effet sur le beat, cette sonorité métallique, mais tant pis, on ne s?en plaindra pas. Le son est bon, le refrain rentre bien dans la tête, et cette hymne exhibitionniste chanté en duo avec son fiancé de rappeur (Nas plutôt en verve) à tout pour faire augmenter la température. Et Neptunes enfin, "Flashback" est toujours aussi bien depuis Wanderland, "Protect My Heart", funky à souhait. Carton jaune par contre pour "Rolling Sugar Honey Iced Tea", un peu simplet, dans la veine des morceaux deep & soul de Raphael Saadiq et "Rooling throught The Hood", on aurait attendu un peu plus de folie, plus de milkshake en quelque sorte. Accessit pour le "Stick Up" deDamon "Grease" Blackmann, qui tire assez bien son épingle du jeu, sans pour autant atteindre des sommets. Au final, Kelis joue toujours aussi bien la muse, chacun prend un malin plaisir à façonner cette fille un peu ovni dans une industrie musicale où le féminisme ou du moins la simple notion de femme est souvent plus un argument marketing qu?une vérité. Ces histoires d?amour et de sexe s?ils ont fait et font encore le bonheur des Neptunes, inspirent tout autant des producteurs d?univers plus ou moins éloignés, ses expérience avec des producteurs (pas toujours très inspirés) comme Timo Mass ou Richard X l?avait déjà un peu montré. Même si au final, c?est quand elle nous réchauffe sur un groove froid qu?on la préfère, comme des gouttes d?eau froides sur une pierre brûlante. [11.01.04] http://www.90bpm.com/ |