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Hustla / Paris, Bordeaux, Vitry


Label : white label
Sortie : 01/2002

Un rap aussi décalé que la caisse claire el-pienne de "Le faire" et les métaphores de l'abstract mc le Jouaje, mises en lumière par un débit jm'enfoutiste à souhait conférant à l'orgasme pour dire vrai. Toujours aussi académique: "U.F.O", à l' instar du dénominateur commun atypique qu' est James Delleck, à l' origine de la tape éloquamment intitulée: "L' Antre de la folie". Il ne croyait pas si bien dire: le Jouaje en profite pour troquer son cerveau contre celui de Kool Keith et James Delleck (auteur du bien nommé Acouphène ep) pour kidnapper David Vincent et les "wacks de base" le temps d' une production David lynchienne au refrain particulièrement entêtant.

D'une couleur radicalement antinomique, "Graff grave TT" se contente de reprendre un sample de Série B plutot kitch, facon Arabesque, réveillant nos instincts de beauf du dimanche pas si enfouis que ca. Nos deux "artistes peintres a la touch remington style" y cristallisent l' époque bénie du TT crew et le rite du flop non sans humour. Remarquable prestation du burlesque Grems épluchant les allitérations et assonnances desservies par une diction aussi dynamique que son fatcap:
"J'aime les calligraphies étranges/ d' autres préfèrent les motos Harley Johnny Halliday et les franges/ eux ils ont les baggy et les francs et ils
font c'est la sèremi/ vous méritez des coups de front vous etes avertis"

De même Steady opte pour une production plus "classique", enfumée par une nappe soulquarienne et débonnaire. Jouissif quelque part. Greums s'y livre allègrement a une apologie épicurienne de la skunk, condamnant la cocaïne et autres cyberfraggles se dandinant du coté des raves party, sur un ton un brin plus sarcastique que Ill des X: "un délire de dingue/ a base de cachetons poudre a l' avenir seringue/ ce sera pour un shoot je préfère me fumer un spoot/ pas voler un scoot/ pour des doses qui coutent cher va faire un foot/ pense a la désintox une cure te fera du bien/ est-ce que tu tiens tu vis dans un monde de chiens mais c' est rien tout ca c' est de l' intox/ renoue les liens avec les tiens tout plein de Locks/ rase toi vaurien et reviens pas a la came qui provient de ta tour pleine de tox".

Notre supermicro accueille ses collègues bordelais le temps de "Délits de Besoin", chronique du ghetto, emmenée par des débits aussi martelants que les coups de matraque octroyés par les indésirables képis sévissant du coté de Mérignac. L' occasion d' annihiler tout doute quant au sens de la verve du crew Kroniker: "Autant que les règlements de compte à carabines dans les clubs de lover/ c' est comme c' type qui cache un steak sous sa gabardine et qu' on traite de voleur/ et meme s' il baragouine ce n' est pas un révolver/ qu' il dissimule je sais ce qu' il stimule/ je sais que c' est nul de finir pourri en cellule" El Ness

Pour simple information, un remix plus enjoué et aérien se substitue, en bonus, à la première version plus oppressante.Pour amorcer l' atterissage de cet ovni, nos deux supervandales se délectent sur une boucle de piano jazzy confirmant leur complémentarité innée tant dans le rap que dans le quotidien. "moi je taggue je graffe et je rappe/ l'autre gratte aussi la feuille les rates et il fait les instrus mais il joue pas de la gratte".

Dans la gentille planète de l' industrie rap prudente et accessoirement asceptisée, nos infesticons a nous, télétransportés de Vitry à Bordeaux, comptent bien venir "infiltrer la planète dans un style discret observer la race humaine pour envahir et tout sinistrer". Attention l' invasion ne fait que commencer. La suite au prochain épisode (les compilations "Quality Street" aux cotés de Rodd et les autres bordelais en l'occurrence). Guello!
[20.03.03]


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