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Existereo / Dirty Deeds And Dead FlowersLabel : Dead Guy Records Sortie : 01/2003 L'album est en effet un vrai pot pourri musical: tout se cotoie et s'enchaine on ne peut plus aléatoirement. De la vraie réussite jazz lancinante qu'est "Duck Feathers" avec Tommy V, par exemple, on voyage directement vers l'oriental "Get That Freak Off" et son invité surprise Biru, rappeur Portugais dont la prestation plutôt louable est aussi intéressante qu'intrigante. Un aspect oriental que l'on retrouve également dans les percussions du très bon "Clark Nova", où le groupe Darkleaf épaule le punk des Shape Shifters de bien belle manière, mais aussi dans la collaboration avec son frère In A Space sur le sombre "Sometimes Before", parsemé de semblants de scratchs et de petites notes de piano, où l'alchimie familiale opère parfaitement pour nous offrir un des sommets de l'opus. Un opus aux productions finalement toutes assez lugubres dans l'ensemble, puisque, que ce soit sur "Space Meditation" avec Awol One et The League, "Moonlit Tears" en solo, "Without Words" avec Tha Limbz ou encore l'évocateur et pièce final "Find My Light In The Darkest P", on n'est certes et finalement jamais rassuré par le caractère d'ensemble obscure que transmet cette froideur musicale mais heuresement pas moins satisfait par la qualité du travail dans son ensemble. Les reproches viendraient en fait et surtout pour les morceaux non cités jusqu'à présents: on est en effet quelque peu déçu de la collaboration pourtant prometteuse avec 2Mex, Longevity et Busdriver sur un "Morals" à la production définitivement trop hasardeuse et désarçonné par "Subconcious Carnival" où, accompagné par un autre Shape Shifters, Liferexall, se cotoient le pire comme le meilleur. Cependant et en réalité, dans la liste des titres n'ayant pas été mentionnés jusqu'à présent figure peut-être, voire sûrement, le meilleur de l'album. Il s'agit du complexe "Four way Window Pain", titre de plus de dix minutes en quatre mouvements (sans compter la mini introduction) dont la production a été assurée par Daddy Kev. On démarre ici doucement avec un passage sombre et oppressant où des samples de portes grinçantes et autres loups garroux viennent renforcer l'effet de style pour mieux rebondir sur un deuxième mouvement sobre et rythmé où Existereo déverse son flow avec une aisance déconcertante. Puis l'on enchaine avec une troisième partie également très épurée et quasiment constituée d'un unique riff de guitare funky où la moitié des Overfiends (duo qu'il forme avec Met Fly) s'amuse cette fois-ci à alterner rap avec son timbre de voix normal et rap au vocoder. Le morceau s'achève enfin sur une saccade de notes de cuivres jouées assez fortes qui nous font apprécier un Existereo au flow décidément surprenant d'élasticité. Un titre par conséquent et bien sûr très hétérogène mais également et surtout très réussi, reflet parfait, en réalité, de l'ensemble de l'album. Existereo signe donc ici un opus très solide. Son aisance microphonique, à peine abordée jusqu'à présent est définitivement bluffante et le désigne, malgré une certaine discrétion, comme un pillier et une valeur sûre du crew. On en redemande alors et on attend impatiemment les prochaines festivités concoctées par l'ami Shape Shifter ... [19.02.04] http://www.90bpm.com/ |