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Label : Rapster Sortie : 01/2002
Explications : Jazzy Jeff est l'inventeur du Chirp mais aussi du Transform (dont il dispute la paternité du geste avec Ca$h Money). Une chose reste néanmoins sûre, on doit à Jazzy Jeff la première apparition du transform, issue de l'album Jazzy Jeff & The Fresh Prince (son premier groupe). De plus, ce n'est pas Q-Bert ou les I.S.P. mais bien Jeff qui fût le premier DJ à collaborer à la conception d'une table de mixage qui, en addition, portait sa signature?
Bref, après de multiples collaborations ou albums sortis avec son compère d'antan W.Smith, le label BBE (en passe de devenir mythique) décide de laisser carte blanche à DJ Jazzy Jeff conçernant la conception de son album solo The Magnificient, nouvelle pierre de l?édifice Beat Generation.
Premier constat : on note, à notre grand plaisir, la présence d'emcees au talent brut, tels Pauly Yamz & Baby Blak, ou encore The Last Emperor, qui ont tous soif de défis et de reconnaissance. L'album s'ouvre sur un hommage à la carrière de Jazzy Jeff, introduit par P.Yamz & B.Blak (les old-timers reconnaitront le sample deja utilisé par A Tribe Called Quest sur " Butter "). On est d'ailleurs impressionné par ce duo, qui nous offre une véritable lettre d'amour au hip-hop, sur le joyau qu'est " For Da Love Of Da Game ". Remarquons également que plusieurs ambiances sont métissées sur cet album, de l'inévitable soul à la house en passant par le r&b. Mais à notre grande surprise, " Rock Wit U " d'Eric Robertson ou " My People " de Raheim (qui sortent de la spirale tout-est-beau-tout-est-rose) se mélangent avec homogenéité aux tracks purements hip-hop comme " Scram " de Freddie Foxxx ou " Break It Down " de J-Live. Ce dernier morceau invite notamment une pleïade de turtablists reconnus (tels Q-Bert, Revolution ou encore Babu), inédit sur un projet de ce type : preuve indéniable du respect crédité à DJ Jazzy Jeff, reconnaissance gagnée au fil des ans.
Ce natif de Philadelphie fait également une part belle à l'histoire musicale de sa ville. Il est clair qu'avec The Roots ou Jill Scott, l'identité musicale contemporaine de Philly y a été déposée depuis belle lurette. " We Live In Philly " de Jill Scott est une fort belle interprétation de spoken word reprenant le célèbre " We Live In NY " du légendaire vibraphoniste Roy Ayers. La miss Scott nous emmène tantôt dans les avenues de Philly tantôt au Spectrum assister à une jam-session façon Sixers. Ce bijou qu'est The Magnificient se termine sur le morceau house " In Time ". Il faut noter qu'à travers sa carrière, Jazzy Jeff n'a pas hésité une seconde à collaborer avec les artistes qu'il désirait, faisant souvent fi de l'opinion générale. Par exemple, Jeff a travaillé avec les Masters At Work, tout comme un certain DJ Spinna. On se doit de féliciter le sieur Jazz de nous avoir procuré autant de plaisir à l'écoute de The Magnificient, véritablement savoureux.
Cet album plaira sûrement aux fans de hip-hop jazzy, tout en restant évidemment loin des habituels clichés soi-disant hardcore de la vague commerciale actuelle.
Ayant déjà dégusté Jay Dee, Pete Rock, Will I Am et Marley Marl, BBE fait preuve de génie en draftant Jazzy Jeff dans son effectif.
Chroniqué par Wath pour 90bpm.com [16.03.03]
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