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Label : The Legal Hustle Records Sortie : 01/2002
"Cormega, raw for ever", où la devise du mc du Queens, solitaire, depuis son éviction du projet The Firm en 1995, remplacé par Nature. Depuis Cormega, la diction claire, les phases cinglantes et son flow un peu trop monotone, continue son parcours à l'ombre des feux de la rampe qu'ont connu d'autres princes du Queens de Nas à Mobb Deep en passant par CNN. Une rage d'avoir été injustemment oublié qui parcourait chaque phrase de son précedent album et que l'on retrouve avec plus de recul mais autant de fierté sur "The real meaning" à l'image de l'interlude en acapella où il lance "I'm Queensbridge most respected rapper and that ain't gone change". Cette trahison a nourri jusqu'à la nausée son inspiration, régénerant son souffle, quitte à donner à la fin le sentiment de tourner complaisemment autour de son nombril et du respect que son quartier lui porte. Dealeur de drogue passé par la case prison alors que son pote Nas sortait "Illmatic", celui a qui on a promis son heure de gloire et qui attendait depuis plus de 6 ans, Cormega est un homme mature qui désire désormais se faire un nom par lui-même et ne pas être réduit à l'étiquette d'éternel rival de l'indétronâble Nas. On comprend mieux alors pourquoi le morceau "A slick response", cinglante réponse de Cormega au "Destroy and rebuild" de Nas n'est pas sur cet album. On retrouve à la place "love in, love out", reprenant le même sample que "Usual Suspect" avec Mobb Deep et Big Noyd, monologue simple et touchant, Cormega retracant l'histoire de leur amitié devenue une série de salves bileuses microphoniques.
Si le propos s'adoucit sans se compromettre, les productions s'apaisent sous la touche de J Love (le superbe "Endangered species") ou J "Waxx" Garfield, un des producteurs de Bad Boy qui a signé entre autres "Money, power and respect" des The Lox, notamment avec "Live ya life". On rage devant l'insipide production d'un Buckwild, si loin des bijoux qu'il façonnait en grand nombre au début des années 90. D'autres pointures comme The Alchemist ou Hi-Tek signent des productions écoutables sans être inoubliables. Le vétéran Large Professor (qui a aussi produit pour le dernier Nas) apparaît au micro et à la production de "The come up", tandis que D.R Period, celui qui avait secoué la terre avec le "Ante up" de M.O.P, ne déroge pas à la tendance soul de l'opus avec un morceau éponyme, poignant et trés reussi.
Moins brut et écorché que "The realness" mais également moins surprenant, "The true meaning" reste cependant bien au-dessus de la mélée des dernières sorties en provenance du Queens, d'Infamous Mobb à Mobb Deep.
Chroniqué par Qratch Machine pour 90bpm.com [20.03.03]
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