Label : De Brazza Records Sortie : 01/2003
Loin du milieu parisien, on découvre un certain nombre de mc's méconnus, révélés par la mix-tape Virus (sortie en 2001) ou repérés dans le sillage de Triptik (mix-tape Cut Killer spéciale Triptik, mix-tape Cutee B ou Microphonorama), notamment des rappeurs bordelais comme D'Oz du groupe Kroniker sur le morceau "L'inconnu" produit par Drixxxé, itinéraire d'un repris de justice raconté avec tact et poésie par ce rappeur, habitué des slams, et qui prouve sur plusieurs titres de la compilation l'étendue de son talent et les modulations de son flow. La scène bordelaise a plus d'un grand cru dans sa cave à mc comme le prouvent les trés bons morceaux de Booba Boobsa (qui fait parti du groupe Fonky Clap), El Ness (Kroniker), Rodd (qui forme avec Sept et Soklak le trio Soul Brozers) et Iraka 20 001 au souffle court mais au verbe dense. Si vous ne découvrez qu'aujourd'hui le flow élastique de l'impétueux Grems (qui a également réalisé la pochette et le logo du label) aka Super Micro, jetez vous sur les 2 Ep d'Hustla, le groupe qu'il forme avec Le Jouage!
L'autre intérêt de cette compilation réside dans la découverte de producteurs inconnus mais inspirés comme Sir Yu (surtout pour le génial "Electrodes"), Steady ("Cinq sur cinq") et Kilab ("L'issue ultime") qui montrent une belle faculté à sortir du carcan des imitations US made in France. Si l'on retrouve avec plaisir la production de Cyclone sur "Retenus au sol" de Dyslexie déjà sorti en maxi et qu'Asco (du duo Bunzen du Blanc Mesnil) affiche de plus en plus d'aisance dans la lignée d'un Hifi sur "Perfectionistes", la grande révélation s'appelle Sept. Les bruits sur son incroyable talent d'écriture circulaient depuis quelques mois malgré le peu de morceaux disponibles et l'attente quant à la sortie de son album solo ne peut qu'enfler après l'écoute des morceaux "Electrodes" et "L'issue ultime" sur lesquels le rappeur parisien expose de sa voix professorale son art tout particulier d'enchevêtrer les mots dans un dédale de phrases et de rimes sans faille à vous en faire perdre votre latin.
Face à ces futurs classiques hexagonaux, certains morceaux paraissent forcément anecdoctiques et les quelques baisses de régime, notamment en fin de tracklisting, sont le seul vrai défaut de Maximum Boycott. Certains titres à l'ossature instrumentale bien maigre, d'autres aux textes transparents mais surtout une intro, caricature d'un mauvais party break, qui apparaît en total décalage avec la ligne artistique de la compilation. A peine cette compilation sortie, De Brazza Records annonce la préparation d'un volume 2 ainsi que les sorties de l'album de Sept "Amnésie" et du projet de Steady "Fonkdamental". Une démarche audacieuse qu'on ne peut que saluer et soutenir.
Chroniqué par Qratch Machine pour 90bpm.com [25.03.03]
|