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Comité de Brailleurs / Métropolitaine poésie


Label : white label
Sortie : 01/2002

Le nom du lp "Métropolitaine poésie" est assez éloquent quant a l' ambiance générale, sombre, réalité urbaine oblige, et aux thèmes abordés: l'argent sale aux accents QB' violonesques sur "Vie illégale, Vie anormale" (ce n' est pas un hasard si la production rappelle vaguement "Iraq" de CNN), la blédiénisation des moeurs dans les quartiers sur "Blédiéniser" ou la réalité carcérale sur le très consciencieux et rondement mené "Y' a pas 36 recettes"; les titres les plus entraînants (mais pas dansants) étant constitués par le très bon maxi "Gosses du trottoir", l'incisif F2 l' ile menant les siens sur une boucle électro efficace de Lyndsay Barett (KDD), "L'Union" dévoilant la polyvalence de Ynka s'essayant au mc-ing ou encore "Mission XIV"et le couplet accrocheur de Funest. Mais qui dit poésie dit aussi mélodie et "Un temps" contraste avec le reste par sa jolie boucle de piano sur laquelle chaque brailleur vient déverser sa prose. Aussi la grenade de l' album reste sans doute le solo introspectif de Paulkoan "Je suis" dont l' alchimie entre le débit posé, les lyrics imagés et la meilleure production de l' album (dont les backs vocaux de Sabre revenu le temps d' un refrain sont du meilleur effet) approche le très bon en matière de narration de rue: "Autour de moi comme des feuilles mortes des mecs tombent en as tu déja vu revenir mec tu te trompes".

Nonobstant un potentiel lyrical certain, du pieux Félin au plus cru H2 l' ile, doté de punchlines bien senties: "nous on parle qu' en zedou/ pendant qu' ils essaient de contrer les Américains avec l' euro c' est fou" ;"jusqu' a faire jouir les feuilles vierges", l' album pêche par les instrus trop linéaires (la quasi omniprésence de Régis et Ynka?) et pas transcendantes. Il aurait sans doute été judicieux de réintégrer Caséryo dans le pool de production, accrédité de l'excellent maxi "8mm" et de la fameuse face B "On s' maintient" marquée du sceau Lunatic, titres dont l' absence fait par ailleurs cruellement défaut. Regrettable quand on connait les capacités d' un collectif encore jeune qui, on n'en doute pas, gravera de manière indélébile son blaze dans la légende du béton.
[20.03.03]


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