Label : Autoproduction Sortie : 01/2002
Si l'on devait qualifier brièvement l'ambiance général de cet opus, on dirait que la musique du Shape Shifter est lointaine et sourde. La galaxie Circus (les références à la science-fiction sont nombreuses: Star Wars, La Planète Des Singes ...) est en effet à des milliers de lieues de la nôtre. L'écho apporté à sa voix et cette réelle surdité qui caractérise cette dernière semblent d'ailleurs en témoigner. Le Californien affectionne en effet l'off-beat, voire pire, il s'en délecte. En guise de terrain de jeu, il s'offre un par-terre instrumental très sobre: les productions, minimalistes à souhait, ne sont qu'un simple décor sonnore dont on ne distingue parfois qu'un semblant de musicalité. Et ceci se déroule ainsi sur tout l'album. Un album qui forme en réalité un gros bloc compact car finalement, on a rarement vu une oeuvre aussi homogène. Celà devient alors difficile d'avoir une opinion objective sur un travail qui l'est si peu. L'on passe d'un titre et d'une ambiance à d'autres d'une manière déconcertante mais aussi désopilante. Circus peut en effet se révéler aussi amusant qu'agaçant. Ces délires flowistiques rattrapent parfois ces délires lyricaux (entre autres, les références humoristiques à Jésus comme le titre de l'album le suggère y sont nombreuses: "Jesus Loves the dinosaurs, Jesus was cool, and you?re a fool") et peuvent ainsi semer la lassitude et l'ennui chez certains.
Mais vous l'aurez compris, à vrai dire, il est inutile de disserter sur ce "Gangstahz Fo Gawd" infiniment. Lassant, génial, énervant, novateur, il est peut être tout à la fois. Circus nous offre en effet un disque que l'on découvre et qui évolue en fonction de nos humeurs. Une chose est sûre toutefois, la folie et le mystère qui entoure cet album, aux sonorités définitivement "sourdes", mérite plus d'une (bonne) écoute...
Chroniqué par Ayor pour 90bpm.com [22.03.04]
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