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BLADE 2 / B.O.Label : Virgin Sortie : 01/2002 Rappelez vous de cette BO où était réunis rappeurs et rockeurs, tous deux énervés, et prêts à croiser le fer, et à saigner nos oreilles. Les mauvaises langues pourront dire avec du recul que c?était du resucée par rapport aux mythique Anthrax/Public Ennemy et leur démoniaque "Bring The Noise". D?autres diront avec du recul, que c?était bien mieux que ces ados rockeurs boutonneux recherchant dans le rap un second souffle pour guitares fatiguées. Face à ce succès commercial Happy Walters ne s?arrêta pas là. Voyant dans le succès de la musique électronique en général et le big beat en particulier de quoi faire de la BO de Spawn une bande originale bien bourrin. Surtout si on accompagne ces producteurs de rockeurs, eux aussi, bien bruyants. Résultat; une BO qui satisfait le cahier des charges du parfait skateur et dont on retient seulement 1 ou 2 morceaux?sûrement plus que cette minable adaptation de la bande dessiné culte, que tout le monde a déjà oublié. Happy Walter en fin professionnel du marketing musical, a bien vu que dans ces mariages contre nature, il ne manquait que la rencontre rap/musiques électroniques. Devenu producteur exécutif de Blade 2, dont on se demande encore ce que fait le talentueux réalisateur espagnol Guillermo Del Tora dans cette galère, Walter met sur papier ce qui pouvait être un alléchant projet. Sur le papier seulement, parce que à part 3 à 4 morceaux il n?y a pas grand choses à garder de cette album. Un CD qui ressemble plus à un projet de directeur marketing qu?a un album consistant et sérieux, Mr Walters avouant même ne pas connaître tous les artistes qu?il a choisit, un comble. Donc on gardera le "I against I" Massive Attack et Mos Def, rencontre anglo-new-yorkaise aussi froide qu?ensorcelante et mystérieuse. Normal pour des artistes devenus invisible de l?actualité musicale. Sur une instru martiale aux évocations métalliques presque cold wave, le rappeur américain déclame son texte avec une solennité déconcertante. A mille lieux en tous cas d?un Cow Boy aussi hédoniste que festif. Fatboy Slim pond une production ultra dancefloor, sur laquelle il ne reste à Eve de l?écurie Ruff Ryders qu'a faire un refrain à la hauteur, à coup de « Where my niggas at » et autres « ?Now where my bitches at ». On l?a bien compris si ces deux là sont ensemble, ce n'est pas pour de la profondeur textuelle ni musicale, le but avoué, et reussi, est bien entendu de faire bouncer, danser, sauter, comme n?importe quel dj tool. Enfin les drum & bass eater auront de quoi être satisfait. L?inégalable Roni Size et Dj Muggs ont concocté pour "Child Of The Wild West" un beat et un refrain dévastateur sur lequel B-Real surfe avec habilité. La rencontre Fulll Cycle/Cypress Hill est l?une des trop rares surprises. Pour le reste pas grand chose; du recyclage pas très intelligent (la rencontre Gorillaz/Redman), des vielles gloires très fatiguées (Ice Cube/Paul Oakenfold), et des duos aussi improbables qu?indigestes (Moby/Mystikal et BT/The Roots). En résumé, ce douteux projet, plus putassier que véritablement innovant se résume à 3 morceaux véritablement intéressants. Un constat à nous faire regretter encore un peu plus la soudaine disparition d?Audiogalaxy?ou à nous faire acheter le "Crash test" de Château Flight/La Caution. Un projet qui, lui, fait preuve d'une réelle pertinence musicale, ce qui sur Blade 2 semble loin d?être l?objectif premier. Comme quoi les vampires ne sont pas seulement sur le grand écran? [20.03.03] http://www.90bpm.com/ |