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Awol One & Daddy Kev / Number 3 On The Phone


Label : Records Broken
Sortie : 01/2002

Force est d'avouer d'ailleurs que l'alchimie entre les deux protagonistes opèrent plutôt bien. Le timbre enfumé d'Awol One s'adapte parfaitement aux attraits jazz lancinants des travaux de Daddy Kev. "Dumb Fuckin Idiot", parfait exemple et vraie réussite, permet d'entamer l'album de la plus belle façon. La suite est d'ailleurs du même accabit: le presque rebondissant et rythmé "Suck My Brain" ou le piano de "Decompose" et ses percussions sourdes et bancales associées à un charley endiablé sont un régal lorsqu'ils sont accompagnés par les mots d'Awol One. Idem pour "Dead Ringer" dont la basse sombre et les quelques notes de piano pas plus rassurantes continue de conduire cet EP vers la même et bonne direction. Hélas, les deux titres qui suivent semblent trancher avec ce qui a été dit auparavant: "Zygote", instaure en effet un climat peut-être moins froid et obscure, et "Wild Is The Wind Remix", avec l'apparition d'une guitare et d'une voix féminine, s'extrait forcément du lot. Mais, heuresement arrive alors le génial et trop court "Forgetful Stupid" qui permet de renouer avec l'ambiance initiale de ce "Number 3 On The Phone": Daddy Kev samplant "Hernando's Hideaway", un classique du jazz latino, se prend à jouer avec les BPM et nous permet de découvrir un Awol One survolté, mais paradoxalement toujours aussi posé, donnant une magistrale leçon de flow. Un vrai bonheur avant d'enchainer, toujours avec brio, sur "Ugly Baby Monster" dont la production ultra minimaliste parsemée de bruits s'apparentant à des cris étranges et de notes de piano aigües, instrument décidément redondant le long de cet opus, délivre une atmosphère vraiment malsaine sur laquelle le emcee nous offre une prestation donnant l'impression, comme le titre de l'album le présage, d'avoir été enregistrée au téléphone. Puis, s'ensuit "The Child's Eye", qui, dans la lignée de ce qui a été accompli par les deux compères jusqu'à présent, s'affirme comme une autre réussite, avant de conclure sur le très beau et mélancolique "Carnage Asada", morceau magique et fin idéale.

"Number 3 On The Phone" commence et finit donc magistralement. Malgré un léger passage à vide vers le milieu, cet album ne souffre que de peu de défauts. En effet, on reprochera peut-être et seulement, à Daddy Kev et Awol One, l'assez courte durée de cette nouvelle collaboration qui malgré quelques "bas", nous offre toujours son grand lot de "hauts". Un très bon album.
[24.02.04]


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