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Atmosphere / Seven's travels


Label : Rhymesayers / Epitaph
Sortie : 01/2003

Si l'on reprochait à Ant un manque d'inspiration dans son travail, il est sûr qu'à présent, ces critiques n'ont plus lieu d'être. "Seven's Travels" est en effet plutôt riche instrumentalement et on ne reconnait pas (ou plus) voir très peu la couleur musicale du groupe. Les productions du partenaire de Slug ont en effet pris un relief véritablement particulier et octroie un tout nouveau terrain de "jeu" à ce dernier. A tel point d'ailleurs qu'elles offrent au duo presque une métamorphose. Le rageur "Bird Songs Why the Caged I Know" en est un exemple parmis tant d'autres: ses percussions péchues, ses choeurs aïgues et sa nappe de guitares électriques sont autant d'ingrédients, qui associés ensembles, donnent des ambiances sonores nouvelles pour les auditeurs habitués du duo. Pour affirmer et illustrer ce changement, le rebondissant et légèrement sombre "Gotta Lotta Walls" pourrait aussi en être un exemple.

Pour revenir à Slug, il devient vraiment intéressant de le voir évoluer sur ce nouveau type de décor sonore. S'il peut parfois paraître inadapté au personnage, on sait qu'il est toujours difficile de s'habituer et d'accepter le changement et, une fois nos oreilles empreintes de ce nouveau style, on se régale. On se délecte par exemple de l'envolée "flowistique" du emcee sur un rapide "The Keys to Life vs. 15 Minutes of Fame" aussi bien en tempo qu'en durée, ou encore de sa longue prestation microphonique sur un "Lifter Puller" de plus de 6 minutes à la boucle reposante et déjà plus proche des travaux passés du duo. Un passé aux productions plutôt minimalistes et donc un passé retrouvé le temps d'un "Shoes", tout en percussions et autres basses et bruits plus ou moins sourds pour encore mieux retomber, par la suite, dans ce renouveau et retrouver une guitare, instrument à vrai dire redondant le long de ce "Seven's Travels", sur "National Disgrace" au refrain chanté et aux amusants sifflets. Balançant entre le très rythmé comme sur "Liquor Lyles Cool July", accompagné de Crescent Moon et Advizor, et ses aspects soul que l'on retrouve sur "Good Times (Sick Pimpin')" ou encore "Denvemolorado", et d'autres nombreuses influences, l'album délivre un très bon brassage musical, rarement agressif et souvent très intéressant. S'il fallait justement détacher un titre du reste, il s'agirait sûrement de la collaboration avec Brother Ali sur "Cats Van Bags" et sa violente basse à la limite de la saturation et de la qualification de bruit qui sans être désagréable n'apporte pas grand chose au disque. Des collaborations finalement peu nombreuses puisqu'à part celles précitées, on ne retrouvera seulement qu'I Self Divine des Micranots sur le bon "In My Continental" mais presque anecdotique car peu original comparé au reste de l'opus. Un opus qui s'achève sur le titre "Always Coming Back Home to You" et sa mélancolique boucle de guitare, nous avertissant tristement que c'est déjà la fin ... Une fin qui s'avère fausse puisqu'à la suite, l'on retrouve un morceau caché aux faux-semblants funk tout en souplesse, des plus agréables.

Vous l'aurez compris, ce "Seven's Travels" offre une toute nouvelle dimension à la musique d'Atmosphere. Sans être l'album du total renouveau, il offre une vision différente du groupe qui démontre qu'il n'est pas de ceux que l'on peut facilement étiqueter. On félicitera donc Slug (et sa plume toujours aussi afûtée même si les thèmes abordés restent souvent les mêmes) et Ant d'avoir su nous suprendre et ce, positivement, en ayant su innover et évoluer comme d'autres n'ont pas su faire.
[11.11.03]


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