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Aesop Rock / DaylightLabel : Def Jux Sortie : 01/2002 Ainsi, de par son 4ème album Labor Days sorti chez Def Jux,le Mc né à Long Island nous mettait en garde contre l?assujettissement pénible, l?aliénation émanant du travail (labor en latin signifie tout à la fois le travail et la peine),dans des villes où l?enfermement est omniprésent. Cet album dont les thèmes récurrents étaient la claustrophobie, le monde de l?emploi, se révéla être une réussite totale et assurément un des disques les plus aboutis de l?année 2001, tant au niveau de la production assurée de main de maître par Blockhead qu?au niveau des lyrics Si « must warn other »,caractérise le contenu des album d?Aesop Rock, « must not sleep »,lui, peut refléter le fait que le Mc New-yorkais, loin de s?endormir sur ses lauriers se montre très productif discographiquement parlant et se refuse à rompre avec l?uniformité. En effet, quelques mois après la sortie de labor days, il nous gratifie d?un ep 8 titres (7+1track caché) sobrement baptisé Daylight où apparaît des producteurs tels El-P, Blueprint? Le disque s?ouvre magistralement par le morceau (et quel morceau !!) éponyme « daylight », déjà présent sur labor days. Que dire sur ce titre à part qu?il est superbe, émouvant, tant le beat façonné par Blockhead est superbe. Ici se succèdent avec virtuosité flûte, violon, guitare et autres instrument, qui mêlés a la voix nasillarde mais néanmoins agréable d?Aesop Rock, q nous invitant à « "pick a dream, American nightmare hogging the screen », enivre l?auditeur. Cet enivrement demeure de courte durée car « daylight » se voit succédé par « nightlight », qui si on le personnifiait prendrait l?apparence du frère maléfique de daylight. Exit donc l?ambiance légère et festive, Blockhead met en place une atmosphère sombre voire inquiétante , mise en exergue par une progression agressive et majestueusement arrangée à base de guitares et d?une basse impressionnante. Aesop, quant à lui impose sur le même modèle sa vision manichéenne du monde, transformant le texte empreint de candeur naïve de daylight,en un sorte de fresque cauchemardesque semblable à un scénario de Escher ou New-York est décrite comme « The city of lost particles and leeches » et où tout optimisme demeure mal venu dans cet « American nightmare lost in the monitor ». A peine remis des chocs « daylight » et « nightlight », un autre événement et non des moindre va émouvoir l?auditeur et il tient en ces quelques mots « Nickel Plated Pockets ». En effet depuis le temps qu?on l?attendait, enfin se profile une collaboration « patron-employé »entre Aesop Rock et l?inimitable EL-P. Et autant dire qu?elle ne nous déçoit pas, sans atteindre les sommets de "The Cold Vein", la production d?El Producto basée sur d?innombrables distorsion métalliques, collages sans structure et autres guitar stabs , à le mérite de nous faire ressentir cette impression de chaos ambiant,de désorientation évoqué par Aesop pour cette description sordide de New-york,la ville où « every crack in the sidewalk is a symbol ».Une impression renforcée fort à propos par Vastaire ( mc de cannibal ox),jouant le rôle d?un clochard New-yorkais et balançant de multiples onomatopées consacrant un peu plus la noirceur de ce son. Pour « Alchemy » on change de registre puisque?Aesop a convié au micro et à la production Blueprint (producteur d'Illogic et membre de Greenhouse Effect), qui compose un beat jazzy, lent et hypnotique. L?alchimie entre les flows rauques et caverneux des 2 Mc est au rendez vous rendant ce son efficace sans être transcendant. La surprise de cet EP vient de «Forest Crunk », morceau instrumental concocté par Blockhead, à l?ambiance bucolique, champêtre qui n?est pas sans rappeler rjd2. Forest crunk fait s?entremêler avec subtilité un nombre incalculable de samples tous plus beau les uns que les autres pour un résultat fantastique : un titre à se repasser en boucle qui rompt avec la noirceur des autres morceaux, tout en envoûtant l?auditeur. Un auditeur qui ne reste pas envoûté longtemps car le très électrique (voir rock) Bracket Basher produit par Aesop lui-même est une réelle déception, seule consolation un accapela du Mc en fin de morceau. Maigre consolation, la déception « bracket basher » nous fait d?autant plus apprécier « maintenance » (deja présent sur la face b de son maxi « coma »), produit par un Blockhead maniant parfaitement une multitude de sample et qui conclut avec brio cet opus??.. En fait non,15minutes plus tard (19 min 24 du track 7)surgit de nulle part un morceau caché (mais qui peut bien le produire el-p,blockhead ?) que l?ont pourrait nommé « 1for 4 « où Aesop confirme ses talents de poètes et remercie 4 personnes qu?il considère comme ses« sauveurs » émouvant, touchant, pourrait être les adjectifs caractérisant ce ghost track où poésie, flow lancinant sont bien secondés par une instru planante au sonorité hindou et aux guitares omniprésentes mettant en emphase le leitmotiv du remerciement. Au final, « Daylight » consacre Aesop, Mc au flow infaillible, poète parfois triste, toujours drôle et ironique (la politesse du désespoir ?), dont les vers restent parfois incompréhensibles sans une réflexion poussée, mais toujours censés et intelligents. Toutefois ce talent brut ne serait rien sans l?apport de Blockhead producteur bien trop sous estimé et dont les beats sombres, brillants et traumatisant à la fois apportent une quintessence indispensable au brio, du Mc barbu de Long Island. Comment conclure, à part en disant que « daylight » est indispensable et qu?il est le prélude idéal au prochain album de Mr Rock. [16.03.03] http://www.90bpm.com/ |