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Justice / Audio Video Disco

Label : Ed Banger / Because
Sortie : 10/2011

Note de la rédaction 3/5
Avec leurs visuels crypto-catho Justice aurait pu être une arme secrète du Vatican pour faire revenir les brebis égarées des clubs vers l’Eglise. Ils auraient même pu être invités à la messe en direct du dimanche matin. Ils avaient Social Club la veille et ne se sont pas levés. La vraie prouesse de Justice est qu’à une époque où NewAlbumRelease est le disquaire indé le plus fréquenté, le duo multiplie les ventes comme un autre multipliait les pains. A l’heure de la sortie de leur second LP “Audio, Video, Disco”, Justice fait-il toujours la loi dans les tranchées électroniques? Pas sur.

”, premier album, premier succès critique, premier succès commercial. Lorsque l’on a enfoncé les portes de la gloire avec autant de véhémence, il est toujours délicat de remettre son titre en jeu. La tentation est grande de nous resservir la même soupe à chaque tournée, mais de prime abord, bien que “Audio, Video, Disco” ne soit pas un saut dans le vide ultra-burné, Justice tente cependant un vrai renouvellement du parti-pris esthétique.
  


 
Si autrefois Gaspard Augé et Xavier De Rosnay n’avaient que les dégaines d’un Lemmy Kilmister de club, ils deviennent aujourd’hui des blousons noirs aguerris en tentant de remettre toute la chienlit hard rock early 70’s au goût du jour. Moins par transgression que par goût du Kitsch, Justice passe en revue tous les sons interdits des chevelus à ceintures cloutées : arpège Marshall, choeurs de loubards sensibles et autres joyeusetés… Un programme à vous défriser la rouflaquette où les grooves chics des jeunes gens modernes conversent avec Deep Purple, Led Zep, Thin Lizzy, voire Kiss ou même Supertramp (pourquoi pas). 

Pas de révolutions dans les têtes de gondoles électroniques, juste un concept sur lequel Justice est parti au galop sans trop réfléchir à la destination. Finalement comme l’humoriste voulant s’engager dans le cinéma sérieux, Justice ne veut plus uniquement faire chavirer les clubs et se prend à construire comme un vrai pop band, en exagérant les arrangements jusqu’à l’outrancier, histoire d’être sur qu’on a bien compris. Parfaitement dans l’esprit actuel, cette idée de déterrer des fossiles du rock-à-papa pour en faire une matière noble, aurait pu être viable si elle n’avait pas tourné à l’obsession. Là où dans la même démarche Rustie est parvenu à souligner une certaine nostalgie, Justice semble tenter un “hard rock is the new cool” vraiment envahissant. Quelque part le pari est gagné : on n’accablera plus Justice sur le côté double-cheesy mais à l’inverse il manque désormais quelques hameçons pour accrocher vraiment l’auditeur. 

Étant donné que le meilleur titre de l'album est un morceau caché - quelque chose d'un Moroder assis au clavecin - nous ne pouvions pas ne pas vous en faire part :

   JUSTICE - Audio, Video, Disco (Hidden Track) 


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