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Battles / Gloss Drop

Label : Warp
Sortie : 05/2011

Note de la rédaction 4/5
En 2007, Battles, le rock band du club de Maths (ou d'échecs, vous choisirez la “nerderie” vous convenant le mieux) avait pondu “Mirrored”, chef d’oeuvre de pop abstraite laissant en arrière gout la sensation délicate d’avoir maté Canal + en crypté. Joyeuse nouvelle ami non-NERD, la dernière mouture de Battles est compatible avec l’esprit humain.

Le premier chapitre de “Gloss Drop” s’amorce sur la perte de Tyondai Braxton, la protubérance grise de Battles. Par perte, n’entendez absolument aucun problème de santé ou autre, Tyondai s’est retiré du projet par pur onanisme considérant la musique comme un plaisir solitaire. Le départ de Braxton allait susciter quelques questionnements : “Sans sa tête, “Battles” agirait-il tel un poulet décapité déambulant sans direction jusqu’à l’effondrement?”. Mais aussi une certitude : “Gloss Drop” ne sera pas une redite pâlichonne de “Mirrored”. Et ce second album révéla même bien plus sur Battles. Si Braxton semblait être le cerveau de l’équipe, Battles est en fait un curieux engin drivé par quatre moteurs. Si l’un d’eux se fait la malle, les trois autres prennent le relais. Simultanément.

Sans Jamy ni Fred nous venons d’élucider la provenance du Q.I supérieure à la normale de “Gloss Drop”. Mais ce deuxième album c'est aussi un labyrinthe de miroirs dans lequel on prend plaisir à se perdre. De la pop d'ingénieur saisissable sans notice. Chez eux l’expérimentation est sexy : sous les blouses, la dentelle. Vous commencez à le saisir : "Gloss Drop" c'est la complexité pour tous, une louange pour l’esprit humain. Si Battles sait vous caresser le cerveau, il parvient, de même, à vous empoigner les tripes à plus d’une reprise.

Nonobstant l’aspect “nerdcore” de prime abord, “Gloss Drop” a des accents profondément épiques, un rock théâtral aux ressorts dramatiques forts. Telle une peau d’adolescent envahie par l’acné, le grain de Battles est foisonnant. Les trois ont la pop pointilliste, divisent/fragmentent la touche de leurs mélodies pour former une oeuvre bourdonnante. Une espèce au code génétique à part apte à faire s’entrechoquer un magma de sensations.

Si le départ de leur tête a aussi été celle d’une voix, Battles n’a pas perdu au change puisqu’il en a gagné quatre (Gary Numan, Matias Aguayo, Kazu Makino des Blonde Redhead et Yamantaka Eye des Boredoms). Tout un symbole de cette perte prolifique. Finalement, peut-être était-ce la trop forte personnalité de Braxton qui lestait la véritable envolée de Battles, mais “Gloss Drop” est enfin cet album “pour tous” avec qui tout-un-chacun peut élaborer un rapport unique. Un Tyondaï de perdu semble être un succès de trouvé.

Mathias Deshours pour 90bpm
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