LES CHRONIQUES
Peut-être fût-ce sur les conseils de Johnny Hallyday en 1961 mais tout au long de sa discographie Chromatics n'a eu de cesse de retenir la nuit. Avec Kill For Love, leur quatrième album, la pop insomniaque ne trouve toujours pas le sommeil et désormais l'auditeur s'en relève même la nuit.
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Si, selon la légende, chacun des premiers auditeurs du Velvet Undergound aurait fondé un groupe, combien le Klub Des Loosers en a t-il poussé à prendre la plume? Si ce n'est pour écrire un journal intime. Combien en réconciliera t-il avec le hip hop? Combien en poussera t-il à se trancher les veines? Nous n'avons pas encore reçu les chiffres mais malgré ses huit ans d'absence, une chose est certaine : Fuzati ne pourra plus prétexter qu'il est nul en maths, c'est un artiste qui compte désormais.
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Peut-être est-ce par repentir vis-à-vis de son précèdent LP où il se roulait dans la luxure ("Sexuality") que Sébastien Tellier souhaite désormais se rapprocher des autorités célestes? Rien n'est moins sûr. Seules certitudes, Tellier est back in blue comme Michou et, entre ivresse et dogmes f(l)ous, ce quatrième album est imbibé de vin de messe. Mais si Seb ça a toujours été bien, cette Alliance Bleue fera t-elle de lui un Pape de la Pop?
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Imaginez que durant leur temps libre, un plombier joue avec des tuyaux ou qu'un chirurgien opère au black dans son garage. Vous visualisez ? Eh bien, en tant qu'hobbies, la moitié de Tame Impale fait Pond, du rock & roll. Un premier album livrant presque déjà tout dans son titre : des barbes, des femmes et des jeans. Le rock dans son plus simple appareil.
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"Always" est son neuvième album en une quinzaine d'années de carrière et nous ne sommes pas mécontents d'annoncer que Jamie Stewart n'a pas passé l'arme à gauche. L'auteur de "Dear God, I Hate Myself" (en 2006) nous a habitué à l'écriture la corde au cou, la pop comme catharsis, un individu tellement borderline que l'on a peur qu'il nous lâche avant la fin du titre. "Always", neuvième mini-mort, neuvième renaissance où, comme l'indique cette pochette tatouée, la douleur lui collera à la peau ad vitam aeternam.
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Young Magic, c'est un premier tour de passe-passe il y a deux ans nommé You With Air, titre où l'australien sortait de sa manche une hip pop à faire revenir les morts. Désormais installé à Brooklyn et signé chez Carpark, Young Magic bâcle Melt, un premier LP efficace comme un Garcimore : les tours foirent et les astuces sont grossières.
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Hooray For Earth ("Youpi Pour La Terre") pourrait être le slogan scandé par la frange la plus jeune (entre six et huit ans) des soutiens anglophones d'Eva Joly. Mais une fois de plus l'adage "à nom débile groupe formidable" ne ment pas et Hooray For Earth est avant tout le premier projet (solo) de Noel Heroux, Bostonien (d'origine) timide mais à l'esthétisme bavard.
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Peut-être est-ce dû à un climat faisant redoubler l'apesanteur mais l'Espagne semble une terre stérile pour l'électro (de qualité du moins, puisqu'une des spécialités locales est tout de même la Makina). C'est donc en territoire hostile que le Barcelonais John Talabot a composé son premier LP "fIN", monolithe d'house de chambre (par amour de nos lecteurs nous n'avons pas procéder au jeu de mot si fin d'esprit "House de couette"), qui nique la géographie en rapprochant Barcelone du cœur de Berlin.
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Jeune homme toujours en fleurs lors de la sortie de ses deux premiers albums en 2010 et 2011, Dylan Baldi n'avait pour unique ambition en ce temps que de calquer très proprement le punk acnéique typique des côtes californiennes. Que voulez-vous, on n'est pas sérieux quand on a dix-sept ans. Mais Dylan vieillit et son punk qui jadis avait du plomb dans l'aile, en a pris dans la cervelle sur ce troisième album.
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Lorsqu'en 2010 un ermite barbu, vivant dans une caravane aux abords de la Californie, offrit au rap sa soul de chaman, toute la génération (à 97%) ayant grandi avec l'hip-hopium de Madlib trouva en lui un nouveau digestif pour décuver ses acides. Gonja remet le couvert avec un faux-jumeau du premier et au lieu de se lasser, on se dit que Gonja est le genre d'artiste à qui on demande de ne pas changer.
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Lana Del Rey ou la difficulté d'être une femme libérée en 2012. La triste fable de l'American Dream qui n'était qu'un dream : Lana aux pieds d'argile s'est effondrée en moins de temps qu'il n'a fallu à l'ériger.
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S'appeler ZZT (prononcez “Ziziti”), c'est s'attirer d'emblée une profonde sympathie. Ne vous y fiez pas, l'association de Tiga et Zombie Nation sur Partys Over Earth s'avère être aussi délicat qu'un hooligan des soirs de défaite. ZZT ça n'est peut-être pas très fin mais ça se mange sans faim.
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Produire de l'electronica en 2011, c'est un peu comme naviguer en 56k à l'heure de la fibre optique : une couille spatio-temporelle à la limite du vortex. Mais chez Scott Hansen produire de l'electronica en 2011, c'est un peu comme utiliser le minitel à l'heure de l'internet-réseau-mondial : un amour pour le désuet et une madeleine de Proust qui n'en finit plus de fondre. Dive est le deuxième album de Tycho mais c'est sa première vraie réussite.
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Si l'Australie est réputée pour bon nombre de choses (que nous n'énumérerons pas ici) l'électronique de bon aloi n'a jamais été une spécialité locale. C'était vrai avant Canyons. "Keep Your Dreams" est un premier album qui ne surfe sur aucune vague (fait rare pour des Australiens) mais qui prend le tube à bras le corps.
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D'ici, Baltimore c'est la ville de Stringer Bell, la zone où le crack circule plus facilement que l'eau courante. Et pourtant, entre les Animal Collective, les Dave Sitek ou les Future Islands (les seuls à ne pas avoir déménagé) on distingue dans la zone sensible un terreau fertile pour la création risquée. A moins que ce soit le crack. Peu importe, toujours aussi peu réputés que le génie derrière le fil à couper le beurre, Future Islands a été, en deux albums, un groupe sur lequel on aurait volontiers parié ses fonds de poche. Résultat du tiercé, avec le troisième LP "On The Water", dans ces quelques lignes.
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En France on n'a pas de pétrole mais… on n'a pas de pop non plus. J'entends la noble, la sophistiquée, celle que pratiquaient nos aïeuls il y a bien des lunes de cela. Et pourtant. C'est à l'instant où vous vous persuadez que la pop d'en France est un poumon de plus en plus cramé qu'un souffle nouveau lui tonifie les bronches. Racé comme une Charolaise, le premier album de The Agency offre à la France, madame, la pop qu'elle mérite.
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Sûrement plus sensible à la pesanteur que le commun des mortels, Elizabeth Harper a choisi de passer une bonne partie de son existence à l’horizontale. Pas fainéante, ni poseuse (bon, un peu quand même c’est vrai) pour un kopeck, Liz a juste fait de son sex-appeal un lifestyle. Une frivolité et apparente légèreté jouant contre l’auteure de “Rapprocher”, une oeuvre en strass, malaise et nausée, capable de rendre voluptueuses les gueules de bois et les nuits blanches.
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Une rumeur populaire moyenâgeuse ou plus récemment un épisode de South Park le clamait : les roux n’auraient pas d’âme. Ha bon? Parce qu’à l’écoute de son premier album, on se dit que Pat Grossi, la toison cuivrée derrière Active Child, aurait pu à la seule force de sa harpe faire en sorte que certains bûchers ne s’allument jamais.
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Génie à temps plein jusqu’à Mullholland Drive, David occupait dernièrement sa retraite en jouant les Ikea deluxe pour le Social Club. L’exercice terminé, Lynch se tournait les pouces sur sa chaise à bascule jusqu’à ce qu’une idée lui traverse l’esprit : “et si je sortais un album, tiens?”. Si nous avions toutes les raisons d’êtres enthousiastes, Crazy Clown Time son premier album (vraiment) solo fait le même effet que la baderne d’Il Est Revenu : un frisson à bas prix.
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Avec le deuxième volume de ses Chinoiseries instrumentales, dont la formule se compose de mélodies samplées parmi les vinyles asiatiques et d’un « beat conducting » hip-hop aux drumlines travaillées et aux basslines ajustées, le consciencieux ONRA insuffle sur les 32 titres de cet opus une cohérence globale presque « opiomaniaque » ou, en tout cas, propre à la détente et à laisser l’imagination vagabonder...
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