LES CHRONIQUES
Lana Del Rey ou la difficulté d'être une femme libérée en 2012. La triste fable de l'American Dream qui n'était qu'un dream : Lana aux pieds d'argile s'est effondrée en moins de temps qu'il n'a fallu à l'ériger.
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S'appeler ZZT (prononcez “Ziziti”), c'est s'attirer d'emblée une profonde sympathie. Ne vous y fiez pas, l'association de Tiga et Zombie Nation sur Partys Over Earth s'avère être aussi délicat qu'un hooligan des soirs de défaite. ZZT ça n'est peut-être pas très fin mais ça se mange sans faim.
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Produire de l'electronica en 2011, c'est un peu comme naviguer en 56k à l'heure de la fibre optique : une couille spatio-temporelle à la limite du vortex. Mais chez Scott Hansen produire de l'electronica en 2011, c'est un peu comme utiliser le minitel à l'heure de l'internet-réseau-mondial : un amour pour le désuet et une madeleine de Proust qui n'en finit plus de fondre. Dive est le deuxième album de Tycho mais c'est sa première vraie réussite.
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Si l'Australie est réputée pour bon nombre de choses (que nous n'énumérerons pas ici) l'électronique de bon aloi n'a jamais été une spécialité locale. C'était vrai avant Canyons. "Keep Your Dreams" est un premier album qui ne surfe sur aucune vague (fait rare pour des Australiens) mais qui prend le tube à bras le corps.
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D'ici, Baltimore c'est la ville de Stringer Bell, la zone où le crack circule plus facilement que l'eau courante. Et pourtant, entre les Animal Collective, les Dave Sitek ou les Future Islands (les seuls à ne pas avoir déménagé) on distingue dans la zone sensible un terreau fertile pour la création risquée. A moins que ce soit le crack. Peu importe, toujours aussi peu réputés que le génie derrière le fil à couper le beurre, Future Islands a été, en deux albums, un groupe sur lequel on aurait volontiers parié ses fonds de poche. Résultat du tiercé, avec le troisième LP "On The Water", dans ces quelques lignes.
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En France on n'a pas de pétrole mais… on n'a pas de pop non plus. J'entends la noble, la sophistiquée, celle que pratiquaient nos aïeuls il y a bien des lunes de cela. Et pourtant. C'est à l'instant où vous vous persuadez que la pop d'en France est un poumon de plus en plus cramé qu'un souffle nouveau lui tonifie les bronches. Racé comme une Charolaise, le premier album de The Agency offre à la France, madame, la pop qu'elle mérite.
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Sûrement plus sensible à la pesanteur que le commun des mortels, Elizabeth Harper a choisi de passer une bonne partie de son existence à l’horizontale. Pas fainéante, ni poseuse (bon, un peu quand même c’est vrai) pour un kopeck, Liz a juste fait de son sex-appeal un lifestyle. Une frivolité et apparente légèreté jouant contre l’auteure de “Rapprocher”, une oeuvre en strass, malaise et nausée, capable de rendre voluptueuses les gueules de bois et les nuits blanches.
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Une rumeur populaire moyenâgeuse ou plus récemment un épisode de South Park le clamait : les roux n’auraient pas d’âme. Ha bon? Parce qu’à l’écoute de son premier album, on se dit que Pat Grossi, la toison cuivrée derrière Active Child, aurait pu à la seule force de sa harpe faire en sorte que certains bûchers ne s’allument jamais.
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Génie à temps plein jusqu’à Mullholland Drive, David occupait dernièrement sa retraite en jouant les Ikea deluxe pour le Social Club. L’exercice terminé, Lynch se tournait les pouces sur sa chaise à bascule jusqu’à ce qu’une idée lui traverse l’esprit : “et si je sortais un album, tiens?”. Si nous avions toutes les raisons d’êtres enthousiastes, Crazy Clown Time son premier album (vraiment) solo fait le même effet que la baderne d’Il Est Revenu : un frisson à bas prix.
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Avec le deuxième volume de ses Chinoiseries instrumentales, dont la formule se compose de mélodies samplées parmi les vinyles asiatiques et d’un « beat conducting » hip-hop aux drumlines travaillées et aux basslines ajustées, le consciencieux ONRA insuffle sur les 32 titres de cet opus une cohérence globale presque « opiomaniaque » ou, en tout cas, propre à la détente et à laisser l’imagination vagabonder...
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Avec son Rock Reggae Roots inspiré des années 1970 et pur comme seule une base acoustique peut le fonder, Sebastian Sturm et sa nouvelle formation, Exile Airline, diffusent un cool aussi simplement revigorant qu’une fraîche brise matinale lorsque, non encore totalement éveillé lors de nos premières errances hors du confort chaleureux de notre logis, notre perception se teinte encore d’une pointe onirique...
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Oizo porte à merveille son nom : c’est surement l’un des bestiaux de l’electro les plus volatils qui soient. Si Quentin Dupieux réalise des films (plutôt burnés) sur la hype chirurgicale ou un pneu psychopathe, Oizo peut pondre des oeufs impropres à la consommation. Clairement imbitable dans sa démarche, Maitre Oizo - sur son concept perché - semble vouloir nous dire quelque chose, mais quoi? Pour vous, 90BPM se lance dans le décryptage ornithologique.
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Spank Rock. Autrement dit “Fessée Caillou” dans la langue de Jean-Claude Van Damme. Un nom aussi simple que sa formule qui, jusqu’à présent, n’avait pas eu besoin d’inventer l’eau chaude pour nous faire suer de longues soirées. Réduit de moitié, Spank Rock met les bouchées doubles en conviant Mark Ronson et Boys Noize à saboter son deuxième album.
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Avec leurs visuels "crypto-catho" Justice aurait pu être une arme secrète du Vatican pour faire revenir les brebis égarées des clubs vers l’Eglise. Ils auraient même pu être invités à "la messe en direct" du dimanche matin. Ils avaient Social Club la veille et ne se sont pas levés. La vraie prouesse de Justice est qu’à une époque où "NewAlbumRelease" est le disquaire indé le plus fréquenté, le duo multiplie les ventes comme un autre multipliait les pains. A l’heure de la sortie de leur second LP “Audio, Video, Disco”, Justice fait-il toujours la loi dans les tranchées électroniques? Pas sur.
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A l'heure où l'on étale un moindre rhume ou son repas de la veille sur 140 caractères, Rustie écrit sur son premier album la bande son d'une génération élevée à la Super Nintendo et au Modem 56Kbps. Un des plus beaux miroirs que 2011 ait connu.
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Les jeunes d'aujourd'hui ne savent plus faire de belles chansons. Un constat à l’amiable avec une génération dont Alan Palomo est le parfait stigmate - plus laborantin de la pop que cuisinier - et qui, avec son deuxième album, offre ses salutations distinguées à la chillwave pour brouiller les cartes d’un jeu qu’il ne maitrise pas encore très bien.
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Si, du vintage au revival, la pop se reconnait quelques penchants nécrophiles, certains groupes ne se contentent pas de se blottir confortablement dans le passé et avancent à tombeau ouvert les yeux rivés sur le rétro. Parmi eux, The Stepkids, qui réalise un premier strike en réécrivant une page de la pop 60’s.
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Concept-album, Michel Gondry, Apple, National Geographic, iPad, instruments sur-mesure et cosmogonie… De la démesure et de la débauche de moyens, ce onzième album en fait tellement preuve qu'on oublierait presque d’aborder la musique. Mais "Biophilia", ça n’est pas qu’une révolution ratée, c'est aussi un album et pas de chance, on l'a écouté.
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En trois albums, Joakim Bouaziz a été tour-à-tour un des producteurs les plus intéressant des 00's Françaises ("Monsters & Silly Songs") et l'auteur d'un nervous breakdown informe et post-arty ("Milky Ways"). Si - faute de succès commercial (et même d'estime) - on a cru entendre la pointeuse sonner pour Joakim, "Nothing Gold" montre un auteur qui est loin d'avoir tout dit, dopé par le manque de reconnaissance.
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En France, on n'a pas de pétrôle mais on a du bon krautrock. Jamais vraiment remis de l'expérience Kraftwerk ou Can, Romain Turzi perpétue l’héritage du rock européen avec “Education”, son troisième album et le genre d’œuvre à inscrire au programme scolaire.
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